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De la Retirada à l’exode de l’été 1940 : les routes du refuge

Avec Sharif Gemie et Laure Humbert, historiens, Université de Glamorgan (Grande-Bretagne) Animée par Laure Teulières, historienne, maître de conférences à l’Université de Toulouse-Le Mirail

Jeudi 10 juin 2010 - 18h30
David Seymour, La Retirada. Le Perthus, à la frontière franco-espagnole, février 1939 © Musée national de l'histoire et des cultures de l'immigration

David Seymour, La Retirada. Le Perthus, à la frontière franco-espagnole, février 1939 © Musée national de l'histoire et des cultures de l'immigration


Entre janvier 1939 et juin 1940, deux vagues de réfugiés de grande ampleur traversent la France.

En 1939, près d’un demi million de réfugiés républicains espagnols fuient l’avancée de l’armée franquiste et cherchent refuge en France. En 1940, de huit à dix millions de Français, auxquels s’ajoutent des Belges, des Néerlandais et des Luxembourgeois, abandonnent leur domicile et se dirigent vers le Sud et l’Ouest de l’Hexagone pour échapper aux armées allemandes et à la barbarie nazie. À première vue, ces deux mouvements sont très différents. Les réfugiés espagnols arrivent sur une terre d’asile largement hostile. Une partie d’entre eux sont de simples civils fuyant les armées franquistes, d’autres sont des militants politiques aguerris et collectivement organisés, comme les anarcho-syndicalistes, les nationalistes catalans, les communistes et les Brigadistes.
À l’inverse, les réfugiés français de 1940 n’ont pas de frontière à traverser, ils restent dans un pays dont ils connaissent la langue et ils rencontrent un accueil souvent plus sympathique que celui réservé aux Républicains espagnols. Mais ils doivent, en revanche, le plus souvent se débrouiller seuls, pratiquement sans aide de l’État ni d’autres organisations, politiques ou humanitaires.

Sharif Gemie et Laure Humbert aborderont les différences qui existent entre la Retirada et l’exode de mai-juin 1940, avant d’en souligner les similitudes. Seront notamment étudiés : la décision du départ et sa rationalité, la place des femmes et les enjeux de mémoire liés à ces deux exils. En conclusion, S. Gemie et L. Humbert s’attacheront à montrer en quoi ces deux mouvements ont constitué un défi aux traditions républicaines, qui remettait en question la nature de la pratique du droit d’asile.

Écouter la conférence :

De la Retirada à l’exode de l’été 1940 : les routes du refuge

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