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Exploités, protégés ? Les enfants migrants italiens au travail à la Belle Époque

Conférence de Caroline Douki, maître de conférences en histoire contemporaine, Université Paris 8

Jeudi 27 mai 2010 - 18h30
Carte postale représentant des cireurs napolitains

Marseille, "Les cireurs napolitains". Carte postale © Musée national de l'histoire et des cultures de l'immigration

L’exploitation des enfants au travail, et notamment des petits étrangers, a duré longtemps dans les usines françaises, en dépit d’une législation mise en place à partir du milieu du XIXe siècle. À la Belle Époque, les milieux italiens, français et internationaux de la protection de l’enfance, dénoncent le calvaire et "la traite des petits Italiens" mis au travail dès le plus jeune âge, comme vendeurs ambulants à Paris ou comme manœuvres dans les ateliers de textile et de verrerie.
La conférence présentera les acteurs et les mécanismes de cette exploitation, qui s’appuyait sur un véritable trafic d’enfants-migrants. Le cas des petits Italiens pose également la question des relations entre la construction du droit social et le contrôle croissant des migrations internationales à l’époque contemporaine. On a souvent affirmé qu’au tournant des XIXe et XXe siècles, la protection sociale avait été bâtie sur des bases nationales, empêchant les étrangers d’en bénéficier. Mais au même moment, s’affirmait un clair souci de la protection de l’enfance, catégorie universellement reconnue comme vulnérable : leur nationalité étrangère a-t-elle donc conduit à exclure les petits Italiens de toute forme de protection ?

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Exploités, protégés ? Les enfants migrants italiens au travail à la Belle Époque

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Pour en savoir plus :
  • Caroline Douki, " L’Etat libéral italien face à l’émigration de masse (1860-1914)", in Nancy Green, François Weil (eds.), Citoyenneté et émigration. Les politiques du départ, Paris, Editions de l'EHESS, 2006, p. 95-117.
  • Caroline Douki, Paul-André Rosental et David Feldman , “ Pour une histoire relationnelle du ministère du Travail en France, en Italie et au Royaume-Uni dans l’entre-deux-guerres : le transnational, le bilatéral et l’interministériel en matière de politique migratoire ”, in Alain Chatriot, Odile Join-Lambert et Vincent Viet (eds), Les politiques du Travail (1906-2006). Acteurs, institutions, réseaux, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2006, p. 143-159.
  • Caroline Douki, Paul-André Rosental et David Feldman, « Y a-t-il des politiques migratoires nationales ? De quelques leçons des années 1920 », Cahiers du Centre de Recherches Historiques, 42, octobre 2008, « Circulations et frontières », p. 97-105.
  • Caroline Douki, « Entre discipline manufacturière, contrôle sexué et protection des femmes : recrutement, encadrement et protection des jeunes migrantes italiennes vers les usines textiles européennes (France, Suisse, Allemagne) au début du XXe siècle», in Manuela Martini et Philippe Rygiel (éd.), « Genre, filières migratoires et marché du travail. Acteurs et institutions de la société civile en Europe au XXe siècle », Migrations Société, n°127, 2010-1, p.89-120.
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