Quelles sont les victimes des discriminations fondées sur l’origine dans l’emploi ?

Les discriminations dans l’emploi

 

Affiche de la campage publicitaire de la Halde. 2006-2007 © Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité

Affiche de la campage publicitaire de la Halde. 2006-2007 © Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité

Longtemps confondues avec le racisme, les discriminations fondées sur l’origine, réelle ou supposée, produisent des attitudes et des discours qui ne sont pas forcément intentionnels mais relèvent aussi de processus diffus qui engagent indirectement un réseau d’acteurs. Elles constituent une entrave majeure à la liberté individuelle et à l’égalité de traitement.
L’emploi est le premier domaine en France où les discriminations se manifestent (secteur privé et services publics) et l’origine est le premier critère : mise à l’écart systématique de CV, refus de candidature à l’embauche, attribution systématique de tâches ou de postes en fonction de l’origine, déqualification des personnes employées, inégalité salariale et dans l’accès à la formation ou à la promotion, etc.

 

Intégrer la lutte contre les discriminations dans le dispositif législatif

Les victimes de discrimination sont difficiles à identifier. Le système statistique officiel prend en compte le critère de nationalité, mais pas l’origine des personnes. La Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (Halde), créée par la loi de décembre 2004, fournit des données issues des réclamations qu’elle reçoit. En 2006, 155 réclamations ont été enregistrées par la Halde pour discrimination à l’embauche fondée sur l’origine. La lutte contre les discriminations fait aujourd’hui partie intégrante du dispositif législatif français à travers les missions de la Halde.

Les jeunes issus de l’immigration sont les plus touchés

D’après différentes enquêtes, les victimes de discriminations raciales touchent les populations d’origine étrangère, principalement les jeunes, nés en France pour la plupart, et de nationalité française. Parmi ces jeunes, les enfants de parents immigrés originaires du Maghreb et d’Afrique Subsaharienne sont les plus touchés dans l’emploi. À qualifications et diplômes équivalents, ils sont deux fois plus nombreux à rester au chômage, et sur des durées plus longues que l’ensemble des jeunes. Dans l’emploi, ils occupent plus souvent des postes sous-qualifiés, précaires et à temps partiel. Les femmes d’origine étrangère sont victimes d’une double discrimination fondée sur leur origine et leur sexe.

Sources : http://halde.fr/rapport-annuel/2006/