Qu’est-ce que "l’immigration zéro" ?

L’immigration zéro vise à contrôler les flux d’entrée des immigrés et laisse croire que si l’objectif de zéro immigré est impossible à atteindre, la tendance, elle, serait un objectif réalisable. C’est Charles Pasqua, alors ministre de l’Intérieur qui, en 1993, a lancé cette formule. La même année, la loi Pasqua durcissait les conditions d’entrée et de séjour des étrangers.
Si à droite comme à gauche, on estime aujourd’hui peu réaliste un tel objectif, il existe des courants en faveur d’une réduction des flux migratoires et même, à l’extrême droite, des partisans d’une "immigration négative", entendre le retour d’immigrés régulièrement installés en France.

Une notion allant à l’encontre des chiffres

Compte tenu des dizaines de millions d’entrées légales annuelles sur le territoire nationale (76,8 millions de touristes internationaux en 2009), compte tenu du droit constitutionnel et des conventions internationales, compte tenu enfin des immigrés, européens et extra européens, qui chaque année font valoir leurs droits à séjourner et à s’installer en France, l’immigration zéro est irréaliste.
Ainsi, malgré des mesures qui depuis plus de trente ans visent à contrôler et réduire l’immigration, le nombre des immigrés qui entrent régulièrement en France ne faiblit pas.
Selon le ministère de l’Intérieur les délivrances des premiers titres de séjours à des ressortissants de "pays tiers", c’est-à-dire à des immigrés non européens, étaient de 187 381 en 2009 contre 183 893 en 2008 et 171 907 en 2007. 46% de ces titres de séjours ont été délivrés pour motifs familiaux, 28% à des étudiants et 10 % pour raisons économiques.

Mustapha Harzoune, 2012