L’intégration : ça marche ?

Dans son rapport 2011, le HCI écrit que "l’intégration, ça marche". S’appuyant notamment sur les résultats de l’enquête TeO 2010, il est ainsi montré que par rapport aux générations précédentes, et compte tenu des conditions sociales déterminantes, l’intégration se traduit par une amélioration des niveaux scolaires et de formation, une mobilité socioprofessionnelle ou l’accès à la propriété…

 

Un jeune Français de Dreux, en 1983 © Marie-Paule Nègre/SIGNATURES

Un jeune Français de Dreux, en 1983 © Marie-Paule Nègre / Signatures

Pour autant, ces données générales doivent être ventilées par nationalité d’origine. Plus significatives semblent être les statistiques sur les mariages (65% des descendants d'immigrés vivent en couple avec des personnes de la "population majoritaire") et sur les naturalisations (100 000 par an) : "A peu de choses près, notre pays "fabrique" autant de nouveaux Français qu'il accueille de nouveaux étrangers".

 

Freins

Pour le HCI, la permanence des flux migratoires, les motifs des arrivées (regroupement familial et mariage qui sont associés à une immigration dite "subie"), le renforcement des mariages ethniques entre Français et étrangers de même origine nationale… enrailleraient les processus d’intégration.
A ces freins s’ajoutent la "surexposition aux risques sociaux", la trop forte concentration des populations immigrées (et de leurs enfants), les phénomènes de ghettoïsation, de ségrégation ethnique ou les replis identitaires et certaines pratiques culturelles. Le HCI pointe pour l’essentiel la question des droits des femmes et les pressions du religieux sur le vivre ensemble laïc. 

Mustapha Harzoune, 2012