Qu’est-ce qu’un couple ou un mariage mixte ?

En matière de couples ou de mariages mixtes, la statistique retient pour définition l’union de deux personnes de nationalités différentes. En 1999, la France métropolitaine comptait 16 millions de familles dont 14 millions étaient des couples, mariés ou non, avec ou sans enfants. Parmi ces couples, 860 000 étaient formés de deux immigrés (soit 6,1 % des couples) et 960 000 étaient des couples mixtes (soit 6,8 %).

Gérald Bloncourt, Les amoureux en noir et blanc. Jeune martiniquais et sa fiancée suisse. Sarcelles, 1965 © Musée national de l’histoire et des cultures de l’immigration

Gérald Bloncourt, Les amoureux en noir et blanc. Jeune martiniquais et sa fiancée suisse. Sarcelles, 1965 © Musée national de l’histoire et des cultures de l’immigration

 

Se marier à l’étranger plutôt qu’en France

Depuis six ans, le nombre de mariages mixtes célébrés en France diminue passant de 42 623 en 2004 à 31 606 en 2009, soit 12,89 % des 245 151 mariages célébrés cette même année (Insee). La majorité de ces unions se noue avec un conjoint ressortissant d'un pays d'Afrique du Nord. Suivent les Européens autres que français, les ressortissants d'un pays d'Afrique sub-saharienne et les Asiatiques (Turcs et Chinois notamment). Cette diminution du nombre de mariages mixtes est à lier au durcissement législatif (loi Sarkozy du 24 juillet 2006) qui multiplie les exigences, les contraintes et les contrôles sur des unions soupçonnées d’être de "complaisance".
En revanche, le nombre de mariages de ressortissants français célébrés à l’étranger est passé de 23 546 en 1995 à 48 301 en 2009 (source : MAEE-DFAE).

Le trébuchet des coeurs

Les "mariages de complaisance" désignent des "mariages blancs" - lorsque les deux conjoints s’entendent pour simuler une union – ou des "mariages gris" - quand le conjoint français est abusé par l’autre. L’objectif étant de permettre à l’immigré de résider en France en toute légalité.
Le mariage représente la principale "source" d'immigration en France et sur les 133 479 acquisitions de la nationalité française en 2009, 16 355 (12,25%) correspondaient à des accessions par mariage.
Pour maîtriser ces flux migratoires, les mariages mixtes deviennent objet de suspicion et la liberté de convoler plus surveillée. Pourtant, côté infractions, le collectif Les Amoureux au ban public, citant les chiffres du ministère de la Justice, rappelle que "seuls 345 mariages ont été annulés en 2009 pour cause de mariages blancs ou « gris », soit à peine 0,5% des unions mixtes".

De l’endogamie au métissage ?

Après Michelle Tribalat (2009), le HCI dans son rapport 2001 dénonce "les mariages endogames" entendre les mariages d’un Français issus de l’immigration avec un conjoint du même pays d’origine. Il demande à l’Etat de vérifier qu’il ne s’agit pas de "mariages forcés" et de "renforcer les conditions pour accueillir un conjoint, comme pour le regroupement familial".

 

Anne-Sophie et Hassan © Gilles Favier / Agence VU

Anne-Sophie et Hassan © Gilles Favier / Agence VU

Dans le même temps, citant les conclusions de l’enquête TeO, le HCI rappelle que "un peu plus de quatre immigrés sur dix vivent avec un conjoint né en France et dans 90% il s'agit d'une personne de la population majoritaire" et surtout que "65% des descendants d'immigrés vivent en couple avec des personnes de la "population majoritaire"". Pour le meilleur et peut-être pas pour le pire du vivre ensemble…

 

Mustapha Harzoune, 2012