Droit de vote et vote local des immigrés
Dans de nombreux pays, le droit de vote et d’éligibilité est lié à l’obtention de la nationalité. L’analyse du vote des immigrés aux élections municipales offre un éclairage sur leur engagement dans la vie politique locale. Cela illustre la manière dont ils parviennent à faire entendre leurs voix dans les urnes et, plus largement, comment ils s’insèrent dans le jeu électoral local.
Legende
En France, 3 millions de travailleurs n’ont pas droit à la parole, PSU – Combat socialiste en Franche-Comté, n° 11, Octobre-décembre 1973.
Credit
Collection Musée national de l’histoire de l’immigration
Élections municipales et minorités musulmanes : le cas de Strasbourg
Nadine B. Weibel, Hommes & Migrations, n° 1125, 1989, pp. 20-26.
Avec la percée des Verts et l’émergence du Front national, la victoire surprise de la socialiste Catherine Trautmann à la mairie de Strasbourg fait la Une de l’actualité lors des élections municipales de 1989. L’article s’intéresse à la place qu’ont occupée les immigrés et les Français d’origine étrangère dans cette campagne électorale et à leur rôle au sein et en dehors des partis.
À Amiens, un colloque fait le point sur le vote des immigrés
Albano Cordeiro, Hommes & Migrations, n° 1128, 1990, pp. 47-51.
À la suite du premier appel à publier des informations sur les associations dans la vie locale, la revue publie le compte-rendu d’un colloque consacré au vote des immigrés à Amiens. Pionnière, la ville a décidé, en 1887, d’inclure aux conseils municipaux des « associés » de nationalité étrangère. Cette courte expérience de deux ans pose les jalons d’une réflexion sur la participation des étrangers à la vie politique française.
La portée symbolique du droit de vote des étrangers aux élections locales
Thierry Oblet, Hommes & Migrations, n° 1216, 1998, pp. 104-114.
Si Thierry Oblet est en faveur du droit de vote aux élections professionnelles, des libertés d’association et d’expression politique pour les immigrés, il n’en va pas de même pour les élections locales. Selon lui, la généralisation du droit de vote des étrangers aux élections locales altèrerait la distinction entre nationaux et résidents étrangers. Or cette dernière permet d’éviter la construction du sentiment d’appartenance nationale sur des référents plus douteux.
Le non-exercice des droits politiques par les Portugais de France
Albano Cordeiro, Hommes & Migrations, n° 1256, 2005, pp. 39-51.
Depuis 1976, les Portugais de l’étranger disposent de droits électoraux dans leur pays d’origine mais l’exercent très peu. En France, ils restent éloignés de la vie politique par manque d’intérêt et de motivation à s’informer des enjeux. Ainsi, ils perpétuent une pratique d’invisibilité à laquelle les communautés soucieuses de réussir leur ascension sociale dans un pays d’immigration sont trop souvent assignées.
Le droit de vote des étrangers : un exemple de la progression du libéralisme culturel en France
Vincent Tiberj, Hommes & Migrations, n° 1294, 2011, pp. 112-119.
La campagne présidentielle de 2012 relance le débat sur le droit de vote des étrangers qui oppose la gauche et la droite française. Ce dernier nourrit les affrontements entre la gauche, l’UMP et le FN dont le discours anti-immigration prend de l’importance dans le débat public. Cet article analyse les évolutions de cette proposition de loi depuis le programme commun de 1972.