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Salon LittExil

Samedi 20 avril 2019 de 11h à 18h
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De l’Ulysse d’Homère à celui de Joyce, l’histoire de la littérature ne cesse de raconter l’exil. Pour obtenir refuge et exister, les migrants d’aujourd’hui doivent eux aussi produire des récits. Le Palais de la Porte Dorée accueille des auteurs, des revues et des éditeurs indépendants, le temps d’une journée consacrée au thème de l’exil dans la littérature contemporaine.

Ce troisième salon, co-organisé par la Chaire Exil et migrations d’Alexis Nuselovici (Nouss) et le Musée de l'histoire de l'immigration, invite des auteurs, une quinzaine d'éditeurs indépendants et des revues littéraires à rencontrer le public et dédicacer leurs ouvrages.

En présence des éditeurs : La Chambre d’échos, Dagan, Intervalles, Koinè, Lior éd., Signes et Balises, Le Ver à Soie, Les Xérographes.

Programme des tables rondes

11h30 - 13h : Les écritures en exil et de l’exil, avec les revues plurielles

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Que ce soient des parcours personnels ou des traversées collectives, les œuvres littéraires font (re)vivre l’exil, parfois avec l’épaisseur du passé ou en résonnance avec l‘actualité la plus brûlante. Placées sous le signe de la diversité, les revues dessinent des espaces où les écritures de l’exil dialoguent avec les écritures en exil. Elles diffusent ces odyssées modernes qui sont aussi des tentatives d’expérimenter des nouvelles écritures de l’intime.

Animation par Yannick Keravec, Ent’revues.

Intervenants :

  • Marie Virolle, revue Alittérature/Action : "Partir, encore partir : deux odyssées vers des exils".
  • Gilles Kraemer, revue Riveneuve Continents : présentation du numéro « Les nouvelles lettres persanes ».
  • Bernardo Toro, revue Rue Saint Ambroise : « Ecrire des nouvelles littéraires à partir du dialogue avec un migrant ».
  • Santiago Mendieta, revue Gibraltar : « Exils, migrations, petites et grandes histoires humaines en Méditerranée, racontées par le récit, le reportage et la fiction».
  • Odette Martinez Maler, revue Exils et migrations ibériques : les récits de la Retirada.

Table ronde suivi de lectures de poèmes d’auteures syriennes à l’occasion de la parution du recueil Les fruits de l’obscurité, avec la revue L’intranquille.
En partenariat avec l’Association des revues plurielles et Ent’revues.

15h - 16h : Littérature post-coloniale en France

Avec la décolonisation, Paris perd sa fonction de métropole d’empire mais continue à attirer des populations en provenance des anciennes colonies venues se former ou trouver du travail. Des écrivains présentent leur roman sur l’histoire de « Paris vu et vécu » par leur famille dans la période post-coloniale. Ces romans nous font revivre leurs histoires parisiennes, du point de vue de leurs expériences individuelles ou collectives. Leurs récits racontent aussi les survivances du colonialisme dans les situations de leur vie quotidienne, les représentations négatives dont ils sont les cibles, les difficultés à établir des relations conviviales et à se construire un avenir dans une ville qu’ils ont pourtant choisie comme leur nouvelle patrie. Ces romans s’inscrivent dans une perspective postcoloniale « qui implique une rupture radicale avec une lecture linéaire de l’histoire et avec l’historicisme en général » ((Yves Clavaron). C’est pourquoi la littérature témoigne d’une époque tout en exprimant une demande de visibilité et de reconnaissance.

Animation par Alexis Nucelovici  (Nouss), professeur en littérature générale et comparée à l’Université d’Aix-Marseille et titulaire de la chaire Exil et migrations au Collège d’études mondiales-Fondation Maison des sciences de l’Homme.

Avec :

  • Kidi Bebey, pour Mon royaune pour une guitare (ed.Michel  Lafon, 2016), dans lequel elle revient sur son histoire personnelle et celle de ses parents qui, quittant le Cameroun pour suivre leurs études en France, fondèrent leur famille à Paris.
  • Medhi Charef, pour Rue des pâquerettes (Ed. Hors d’atteinte, 2018), qui fait le récit de son arrivée en France en 1962 dans le bidonville de Nanterre et décrit les réalités de la vie quotidienne où se mêlent pauvreté et précarité, racisme ordinaire et marginalisation, mais aussi de découverte et initiation à la création à travers des rencontres qui vont être déterminante dans sa carrière d’artiste.

Lecture publique d’extraits des deux romans  et échanges avec les participants.

16h30 - 18h : Rencontre avec les lauréats du Prix littéraire de la Porte Dorée

Un échange entre les lauréats sur les 10 ans du Prix littéraire de la Porte Dorée et sur la particularité de la littérature de l’exil ou en exil, en distinguant la part qui relève de la biographie de celle qui relève de la fiction ou d’autres formes d’hybridation du récit.
Peut-on parler de littérature de l’exil comme un domaine de la création contemporaine de langue française ? Quelle est la portée d’un prix décerné par un musée dont la mission est de changer les regards sur l’immigration ? Parmi les sujets traités, y a-t-il eu des thématiques privilégiées et ont-elles évolué ? Comment cette littérature enrichit la langue française et apporte des innovations stylistiques ?

Rencontre animée par Nihad Jnaid, coordinatrice du Prix littéraire de la Porte Dorée.

Avec :

  • Doan Bui, lauréate 2016 pour Le silence de mon père - Iconoclaste
  • Henri Lopes, lauréat 2012 pour Un enfant de Poto-Poto - Gallimard
  • Mohamed Mbougarr Sarr, lauréat 2018 pour Silence du chœur - Présence Africaine
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