Vous êtes ici

Bidonville de Nanterre. Photographies de Jean Pottier

  • Bidonville de Nanterre, 1956 © Jean Pottier / Musée national de l'histoire et des cultures de l'immigration

  • Bidonville de Nanterre, 1957 © Jean Pottier / Musée national de l'histoire et des cultures de l'immigration, CNHI

  • Bidonville de Nanterre, 1959 © Jean Pottier / Musée national de l'histoire et des cultures de l'immigration, CNHI

  • Bidonville de Nanterre, 1956 © Jean Pottier / Musée national de l'histoire et des cultures de l'immigration

  • Bidonville de Nanterre, 1956 © Jean Pottier / Musée national de l'histoire et des cultures de l'immigration

  • Bidonville de Nanterre, enfants portugais, 1956 © Jean Pottier / Musée national de l'histoire et des cultures de l'immigration

  • Bidonville de Nanterre, 1964 © Jean Pottier / Musée national de l'histoire et des cultures de l'immigration


Collection du musée

Jean Pottier est né en 1932 à Courbevoie. Il vit à Nanterre.


Jean Pottier a été photojournaliste pendant plus de 30 ans. Il a commencé à travaillé dans les années 1950 pour le journal Panorama puis pour des journaux comme Le Nouvel Observateur, L’Express, Liaisons sociales ou encore pour la presse syndicale.
Ses thèmes de prédilections ont été le nucléaire en France, le travail et la vie dans les usines, l’immigration, l’urbanisme (notamment celui des villes de l’Ouest parisien qu’il a documenté pendant des décennies : Courbevoie, Nanterre, La Défense), etc. Il a également travaillé sur le bidonville de Nanterre (qu’il a couvert pendant près de 10 ans : de 1956 à 1964) et a documenté de nombreuses manifestations anti-racistes ainsi que les mouvements sociaux.

Les septs photographies présentées ici sont issues de son reportage au Bidonville de Nanterre.

"En 1956, j'ai découvert le bidonville de la rue de la Garenne en passant souvent en vélo dans cette rue. Je voyais des baraques en tôle, en bois protégées par de la toile goudronnée, des roulottes usagées, des bâtiments en parpaings. Les enfants jouaient dans cet univers, ils s'appropriaient les terrains, couraient, inventaient des histoires, des jeux. Les adultes s'occupaient aux affaires quotidiennes, ils allaient chercher de l'eau à l'unique fontaine dans un grand bidon de lait de 50 litres posé sur une remorque, souvent ils aménageaient leur logement, réparaient le toit.
Mes premières photos : un homme lavait son linge près d'une roulotte. Je lui ai demandé si je pouvais le photographier, il a accepté. Un peu plus loin, une famille portugaise ; la mère de famille mettait un bonnet à son fils, le grand père les regardait. Ils avaient écrit en grand leur nom de famille sur une planche clouée sur la cabane ainsi que leur adresse : 186, rue de la Garenne.
Je venais de temps en temps, les habitants étaient accueillants, ils acceptaient que je fasse des photos pour informer sur leurs conditions de vie. J'ai apprécié leur participation, car c'était la guerre d'Algérie, ils pouvaient avoir des craintes à propos de mes photos. En fait, elles montraient les logements pauvres, délabrés, les chemins souvent boueux, c'était aussi des vues générales du bidonville. Mon intention était de montrer des images des Algériens habitant les bidonvilles. Le plus important pour moi, c'était les portraits, des hommes, des femmes, des enfants, chez eux, dans leur maison dans la rue, dans leurs activités, dans leur environnement.
Mes photographies témoignent des années que les Algériens de Nanterre ont vécues dans une situation difficile, dans des logements précaires, un environnement dégradé. Les relations humaines chaleureuses semblaient rendre la vie quotidienne plus supportable."

Jean Pottier
 


En savoir plus

Sur Jean Pottier

Sur le bidonville de Nanterre

Haut de page