Vous êtes ici

Le grand ensemble de Mathieu Pernot

Mathieu Pernot, Le Grand Ensemble : Implosion, Le Meilleur des Mondes, Les Témoins, 2000-2006 © Musée national de l'histoire et des cultures de l'immigration

Mathieu Pernot, Le Grand Ensemble : Implosion, Le Meilleur des Mondes, Les Témoins, 2000-2006 © Musée national de l'histoire et des cultures de l'immigration
 


Collection du musée

Tirage argentique monté sur aluminium. Quatre épreuves jet d’encre ultra chrome pigmentaire Epson sur papier mat, réalisées à partir de cartes postales scannées par l’auteur. Deux épreuves jet d’encre Epson sur papier Archival

Mathieu Pernot est né à Fréjus en 1970. Il vit et travaille à Paris


Le grand ensemble met en regard trois séries de photographies autour d’un même sujet. Le titre de l’œuvre, au singulier, fait référence à la fois à l’ensemble iconographique que constituent les images et aux quartiers d’habitat social construits en périphérie des grandes villes françaises des années 1950 aux années 1970.

Vidéo : Le grand ensemble par son auteur, Mathieu Pernot

 

Le grand ensemble confronte l’utopie et sa destruction à travers trois séries de photographies.

Implosion.

Cette photographie grand format est issue d’une série réalisée entre 2000 et 2006. Elle présente, de manière assez frontale, la destruction d’un immeuble, dans le cadre des opérations de rénovations urbaines. Le bâtiment disparaît sous les lourdes volutes de poussière que lève l’implosion. L’objectif du photographe fige alors l’immeuble dans un moment de violence spectaculaire, le moment de son effondrement et de sa disparition.

Le meilleur des mondes.

Réalisées à partir de cartes postales éditées entre les années 50 et 80, ces images des grands ensembles renvoient à la modernité urbaine qu’ils incarnaient au moment de leur construction, loin de la stigmatisation dont ils font aujourd’hui l’objet. Le choix du plan large permet de rendre l’immensité de ces architectures, au moment où elles sont sorties de terre. Ces photographies en noir et blanc ont souvent été colorisées à l’impression – artificiellement et, quelquefois, grossièrement. Sans aucune présence humaine visible, ces paysages urbains nous emmènent dans le meilleur des mondes, sillonné d’espaces verts, baigné par un ciel immuablement bleu turquoise.

Les Témoins.

Ces agrandissements de cartes postales, réalisés par le photographe, font émerger les silhouettes imprécises des habitants de ces lieux. L’agrandissement semble avoir permis le surgissement de ces figures. L’échelle minuscule de ces existences contraste avec l’immensité des lieux qui les abritent. Ces personnages apparaissent souvent en état d’observation, “comme s’ils étaient les témoins de quelque chose en train de se passer”, commente  Mathieu Pernot. C’est le cas, par exemple, d’une femme et de sa fille, qui semblent se retourner vers l’objectif à l’instant de la prise de vue.

Au final, ce triptyque joue sur l’entrelacement des temporalités : l’instant violent de l’explosion, le temps long de l’expansion et de l’urbanisation dans la période des Trente Glorieuses et le temps biographique qui se mesure à l’aune des moments vécus dans ces lieux par les témoins. C’est aussi les traces de ces existences qui disparaissent, ensevelies dans l’implosion.


Œuvre présentée dans l'exposition J'ai deux amours (16 novembre 2011 - 24 juin 2011)

Pour aller plus loin :


Haut de page