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Le Hangar, Sangatte, de Jacqueline Salmon

Jacqueline Salmon, Le Hangar, Sangatte, mai 2001 © Musée national de l'histoire et des cultures de l'immigration

Jacqueline Salmon, Le Hangar, Sangatte, mai 2001 © Musée national de l'histoire et des cultures de l'immigration


Collection du musée

Le Hangar, Sangatte, mai 2001. Epreuves pigmentaires sur papier photo.

Jacqueline Salmon est née à Lyon en 1943. Elle vit et travaille à Paris
 


En 2001, l’artiste Jacqueline Salmon réalise Le Hangar, une série de photographies du camp de réfugiés de la Croix-Rouge à Sangatte, près de Calais. Ce qui frappe d’emblée dans cette œuvre, c’est l’absence des personnes.

Jacqueline Salmon utilise la photographie pour déplacer les questions sociales dans le champ de l'art. En 2001, elle réalise Le Hangar, une série de photographies du camp de réfugiés de la Croix-Rouge à Sangatte, près de Calais.
Créé en 1999 pour être un centre d’hébergement et d’accueil, le centre de Sangatte occupe un ancien hangar construit au moment du chantier du creusement du tunnel sous la Manche et qui abritait le matériel servant au chantier. Prévu à l’origine pour accueillir 200 personnes, la Croix-Rouge estime que 67000 personnes y auront transité en trois ans : le centre hébergeait quotidiennement près de 1500 immigrants clandestins, originaires principalement d’Afghanistan, d’Iran ou d’Europe balkanique. Il a fermé ses portes en novembre 2002 sur une décision des autorités françaises.
Le lieu que photographie Jacqueline Salmon est un espace de transit pour des populations cherchant à gagner le Royaume-Uni. Les cadrages dévoilent des sortes “d’architectures intérieures”, l’amoncellement de cartons et de caddies, l’alignement de lits défaits ou pliés, l’enfilade de tentes et des constructions Algéco dans des espaces fermés.
Ces images du réel et du matériel livrent les conditions de vie du camp et suggèrent également ce qu’elles ne montrent pas : les personnes ; le réfugié, le clandestin. Des images de l’absence, du manque et du dénuement qui dévoilent en creux les espoirs des habitants provisoires du camp.
L’œuvre fonctionne sur le mode du paradoxe car le centre est surpeuplé au moment où les prises de vue sont réalisées : la misère et la très grande difficulté des conditions de vie et de transit apparaissent sans que ceux qui en souffrent soient montrés. Ce choix de l’artiste permet d’imaginer, sans les montrer et sans misérabilisme, ceux que l’on ne voit pas et le lieu lui-même apparaît dans toute “son ingratitude et sa précarité”, selon les mots de l’historienne de l’art Dominique Baqué.  On a souvent parlé de “discrétion” pour caractériser la recherche de la justesse et de la neutralité qui caractérise le travail photographique de J. Salmon.
 


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