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Urgent de Ghazel

  • Ghazel, Urgent, 1997-2007, Affiches © Musée national de l'histoire et des cultures de l'immigration

  • Ghazel, Urgent, 1997-2007 © Musée national de l'histoire et des cultures de l'immigration


Collection du musée

Urgent, 1997-2007. Affiches

Ghazel est née à Téhéran, Iran, en 1966. Elle vit et travaille à Paris .


Cette série d’affiches constitue un projet artistique né de la confrontation entre une artiste iranienne installée en France et la question des autorisations de séjours. Avec Urgent, Ghazel se lance dans une création autour de la dernière solution qui lui reste pour pouvoir régulariser sa situation : le mariage blanc.

Ghazel est une artiste iranienne, née à Téhéran en 1966. En 1986, elle quitte l’Iran pour venir étudier en France où elle vit désormais. Artiste hybride, elle élabore une œuvre multiple, qui traite du déracinement, de la nostalgie de l’exil, du nomadisme, de la guerre …

En 1997, Ghazel, installée à Montpellier, reçoit de la préfecture une lettre d’expulsion lui signifiant que sa carte de séjour ne serait pas renouvelée. “Pour la première fois, je me sentais sans papiers, écrira-t-elle, clandestine.”
Cette expérience lui inspire un projet artistique ; Urgent voit le jour. Après la lettre d’expulsion, Ghazel décide de mettre des annonces pour un mariage blanc et réalise sa première affiche. L’artiste poursuit son projet, déclinant les affiches en plusieurs versions jusqu’en 2002, date à laquelle elle reçoit une carte de résidence pour dix ans. Elle renverse alors les données et propose à son tour un mariage à un clandestin afin qu’il puisse obtenir une carte de séjour.

Procédant par détournement, elle réutilise dans cette œuvre les acronymes, typiques de la langue française, et convertit avec humour ces sigles passés dans le langage courant :
- le SDF se transforme en SPF : “Sans papiers fixe” ; allusion au fait elle a eu droit à des papiers provisoires en tant qu’artiste
- et RDD signifie dans le langage de l’artiste une “Résidente à durée déterminée”
Selon les affiches et leurs évolutions dans le temps, celles-ci insistent plus sur le type d’homme recherché (avec comme seule exigence d’avoir des papiers), ou au contraire la dévoilent elle (son image apparaît, partiellement ou entièrement, son origine moyenne-orientale est mentionnée puis le fait qu’elle soit artiste). Dans une autre affiche, elle précise le mot “passeport” car après la première série elle a reçut beaucoup de réponse montrant que sa quête de papiers n’était pas assez explicite. Avec les deux dernières affiches, elle boucle la boucle et inverse l’offre en compilant les éléments contenus dans les séries précédente, elle propose, cette fois, d’aider un homme à obtenir des papiers via un mariage blanc.

Si le travail de Ghazel emprunte aux registres de l’humour, de la dérision et de l’appropriation, il dépasse sa propre expérience et confère à l’œuvre une portée universelle : “Partout dans le monde, il y a des gens délocalisés qui essayent de s’enraciner ailleurs”, explique-t-elle.

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