Dans quels secteurs économiques les femmes immigrées travaillent-elles ?

 

Ouvrière à l'usine © Gérald Bloncourt

Ouvrière à l'usine © Gérald Bloncourt

 

Un taux d’activité inférieur à celui des hommes

Les femmes immigrées sont de plus en plus nombreuses à travailler en France, mais leur taux d’activité reste majoritairement inférieur à celui des hommes immigrés et à celui des femmes non immigrées (même si pour certaines nationalités, comme avec les Portugaises, elles ont parfois un taux d’activité plus élevé que celui des femmes non immigrées). Ces différences s’expliquent principalement par un niveau d’études plus faible (malgré l’allongement de la durée des études pour les plus jeunes), par leur charge familiale mais aussi par un accès plus difficile au marché du travail. Elles sont également plus nombreuses à occuper des emplois partiels, précaires, généralement subis.

Une spécialisation dans des secteurs précis

  • Vie quotidienne d’une bonne espagnole à Paris, 1962 © Jean-Philippe Charbonnier/ Agence Rapho. Collections musée national de l’histoire et des cultures de l’immigration, CNHI

    Vie quotidienne d’une bonne espagnole à Paris, 1962 © Jean-Philippe Charbonnier/ Agence Rapho. Collections musée national de l’histoire et des cultures de l’immigration, CNHI

    23% des femmes immigrées sont des ouvrières, contre 10% des femmes non immigrées. Mais elles sont deux fois moins nombreuses que les hommes immigrés à travailler dans l’industrie (un peu plus de 10% contre 20%).
  • Elles sont surtout très présentes dans les services directs aux particuliers (assistantes maternelles, aides ménagères pour les personnes âgées, femmes de ménage, gardiennes d’immeuble) : elles sont 26% dans ce secteur contre 11% pour l’ensemble des femmes non immigrées.
  • On les retrouve également nombreuses dans les services proposant des emplois non qualifiés  comme la restauration, l’hôtellerie, la grande distribution, le nettoyage et les services aux entreprises.
  •  En revanche, elles sont moins nombreuses que les femmes non immigrées dans le secteur de l’éducation, de la santé et de l’action sociale pourtant très féminin (20% contre 29%).


Cette spécialisation dans des secteurs précis de l’économie française, leur situation professionnelle souvent précaire et leur exposition plus forte au chômage tendent à démontrer que les femmes immigrées subissent dans le monde du travail une situation de double discrimination en raison de leur origine réelle ou supposée et de leur sexe.

Source : Insee, « Les immigrés en France : une situation qui évolue », Chloé Tavan, Insee Première, n°1042, septembre 2005 ; Insee, Les Immigrés en France, édition 2005, Paris, pp. 116-117.