La mondialisation accélère-t-elle les migrations ?

État des lieux : chiffres et flux migratoires

La circulation de l’information et des biens, le développement des transports, l’internationalisation du modèle occidental de consommation, tous ces effets de la mondialisation suscitent l’envie accrue des populations de partir pour réussir ailleurs.

Le nombre de migrants a rapidement augmenté : 77 millions en 1965, 111 millions en 1990, 140 millions en 1997, 175 millions en 2000. Les pays occidentaux restent attractifs, mais 60% des migrants ne quittent pas l’hémisphère Sud.

Cette croissance des flux migratoires représente néanmoins 5% de la croissance démographique mondiale. On estime les migrants à 2,8% de la population mondiale, répartis de manière égale entre migrations familiales, de travail et de réfugiés.

La mondialisation a ouvert de nouvelles voies aux migrations qui sont moins dépendantes des passés coloniaux. Si tous les continents sont concernés, l’Asie centrale et orientale, l’Europe de l’Est et l’Afrique centrale sont devenues depuis vingt ans de nouvelles zones de mobilité.

Une diversification des causes de mobilité

La surpopulation, la pauvreté, les crises politiques, les désastres environnementaux, les regroupements à caractère religieux ou ethnique, l’attraction du mode de vie occidental sont les nouvelles causes de mobilité. Ceux qui migrent disposent de réseaux transnationaux (familiaux, commerciaux, économiques et parfois mafieux) et d’argent pour franchir les frontières, même illégalement. Une seule exception, la migration forcée de réfugiés, qui se déroule pour les trois quarts dans le tiers-monde.

Le profil des migrants évolue également : les jeunes hommes ruraux et peu qualifiés sont désormais rejoints par des jeunes hommes qualifiés voire très qualifiés des classes moyennes urbaines, des femmes isolées, qualifiées, aspirant à une indépendance, et même des mineurs.

Les formes de migration

Elles sont de nos jours plus pendulaires, de courte durée, permettant des allers et retours entre pays d’origine et pays d’immigration. Les politiques de visas tendent néanmoins à provoquer l’installation durable des migrants qui craignent de ne plus pouvoir revenir et font venir leur famille.

La mondialisation des migrations va se poursuivre, compte tenu des déséquilibres mondiaux et de la meilleure connaissance des filières d’entrée, y compris dans les pays à politiques de contrôle des frontières.

Sources : Catherine Wihtol de Wenden, Atlas des migrations dans le monde, réfugiés ou migrants volontaires, Collection Atlas/Monde, éditions Autrement, 2005, p. 6-9.