Les migrations de femmes sont-elles différentes de celles des hommes ?

Un phénomène peu connu

Si les femmes ont de tout temps émigré à l’étranger, parfois seules comme les Espagnoles dans les années 1950, plus souvent pour accompagner leur conjoint dans l'exil, et plus massivement pour rejoindre leur conjoint, comme à partir de l’arrêt de l’immigration de travail salarié décidé par l’État en 1974, dans le cadre du regroupement familial, la question des migrations de femmes est restée une réalité peu connue en France, comme dans la plupart des pays occidentaux.

L’image de l’homme seul, migrant pour des raisons économiques ou politiques, est restée prégnante dans les représentations de l’immigration et elle a fait de la migration féminine un phénomène marginal ou de second rang.

Mais de plus en plus important

 

Reportage pour le centre d’éducation civique des Africaines à Paris, Cours de français, 1965, Janine Niépce © Musée national de l'histoire et des cultures de l'immigration

Reportage pour le centre d’éducation civique des Africaines à Paris, Cours de français, 1965, Janine Niépce © Musée national de l'histoire et des cultures de l'immigration

Pourtant, la migration des femmes ne cesse de croître depuis plusieurs décennies et marque ainsi un changement conséquent dans le profil de l’immigration dans le monde. De plus en plus de femmes, jeunes célibataires, ou ayant déjà une famille à charge, partent seule à l’étranger pour trouver du travail et s’installer plus ou moins durablement. C’est une des nouvelles particularités des migrations d’aujourd’hui.

 

Cette réalité s’explique principalement par deux facteurs : l’aspiration des femmes à gagner plus d’indépendance à travers la migration, le fait que les femmes sont parfois plus qualifiées que les hommes pour répondre à certains emplois dans des secteurs où les pénuries de main d’œuvre sont fortes, comme les services aux particuliers, ou dans l’éducation, la santé et l’action sociale.

Les femmes sont aussi les premières victimes de guerres ou de conflits politiques, de déplacements liés à des catastrophes écologiques, des famines ou des épidémies. Elles sont aussi des victimes des violences, réelles ou symboliques, faites à leur encontre dans certains contextes culturels. C’est pourquoi leur pourcentage augmente parmi les populations réfugiées ou déplacées.

Enfin, la part des femmes migrant à l’étranger pour y faire des études augmente sensiblement depuis la fin des années 1990. En France, elle atteint plus de la moitié des effectifs étudiants en 2005 selon les nationalités.

2007