Qu’est-ce qu’un "sans-papiers" ?

 

Ghazel, Urgent, 1997-2007 © Musée national de l'histoire et des cultures de l'immigration

Ghazel, Urgent, 1997-2007 © Musée national de l'histoire et des cultures de l'immigration

Le terme "sans-papiers" désigne toute personne étrangère vivant en France sans titre de séjour. Il s'apparente à celui de "clandestin", apparu dans le vocabulaire politique et administratif à la fin du xixe siècle, avec les premières mesures définissant strictement les conditions du « droit au séjour » des étrangers.

"Sans-papiers" se distingue cependant de "clandestin" en ce qu'il n'est pas une catégorie administrative, mais davantage un terme forgé par les premiers concernés pour dénoncer leur situation. Ainsi, l'usage du terme "sans-papiers" se généralise à partir des années 1970, en particulier lors de la mobilisation contre les circulaires Marcellin-Fontanet (1972-1973) qui lient contrat de travail et titre de séjour.

Bruno Serralongue, Manifestations du collectif de sans-papiers de la Maison des Ensembles, 2001-2003 © Musée national de l'histoire et des cultures de l'immigration

Bruno Serralongue, Manifestations du collectif de sans-papiers de la Maison des Ensembles, 2001-2003 © Musée national de l'histoire et des cultures de l'immigration

Vingt ans plus tard, la mobilisation des sans-papiers occupant l'église Saint-Bernard (1996-1997) et aujourd'hui celle du Réseau éducation sans frontières (RESF) montrent la permanence de cette question, en dépit des opérations de régularisation (130 000 étrangers régularisés en 1981-1982, 76 500 en 1997-1998).
S'il est, par définition, impossible de quantifier avec exactitude le phénomène, 60 000 à 200 000 personnes, en France, vivent en situation irrégulière, selon les dernières estimations (2005). En Europe, on estimait à 185 000 le nombre de sans-papiers au Portugal (en 2001), à 700 000 en Italie (en 2002) et à 690 000 en Espagne (en 2005).

 

2007