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Acquisition du collier d'Angèle Ould-Aoudia

De magnifiques bijoux kabyles, des photographies et un récit de vie constituent le don des descendants de Boudjema (Benjamin) Ould-Aoudia.

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photo d'un collier
Anonyme, Collier d'Angèle Ould-Aoudia, premier quart du XXe siècle, bois et métal, 23x24x37x cm, Musée national de l'histoire de l'immigration, inv. 2021.2.1
© EPPPD-MNHI

Parcours de la famille Ould Aoudia

Né autour de 1887, Boudjema est d’abord berger en Kabylie près de la commune de Michelet (Aïn El Hammam, wilaya de Tizi Ouzou), il suit les Pères blancs, apprend le français, se convertit au catholicisme comme plusieurs membres de sa famille. Face au racisme des colons français et aux difficultés d’intégration parmi les communautés musulmanes et juives, la famille s’abrite derrière l’église catholique, et la France. Angèle (Aldjia), fille de Benjamin Ould-Aoudia, est envoyée en pension dans l’Hexagone dès sa prime jeunesse.

Benjamin Ould Aoudia devient moniteur d’écoles indigènes puis devient oukil judiciaire. Après avoir passé une licence de droit à la faculté d’Alger, il devient avocat et obtient la nationalité française en 1920. Devenu bâtonnier de Tizi-Ouzou, Benjamin Ould-Aoudia milite, après 1945, pour une intégration juste et citoyenne des Algériens dans la nation française et est élu au conseil Général de Kabylie puis à l’Assemblée Algérienne en 1952. Devant l’évolution de la situation politique et militaire, il démissionne de tous ses mandats en 1955 et comprend que l’indépendance est inéluctable. Chevalier de la Légion d’Honneur en 1934, il est élevé au grade d’officier en 1952, décoration qu’il continue à porter même après l’indépendance, quand il accepte la charge de président de la chambre criminelle à la Cour Suprême d’Algérie.

Pendant la guerre d’Algérie, un de ses neveux est assassiné à Paris en 1959 car, avocat de membres du FLN, il dénonçait la torture. En 1962, son fils ainé, inspecteur des centres sociaux éducatifs, est assassiné par les tueurs de l’OAS dans la banlieue d’Alger. Les quatre frères ont tous travaillé en Algérie comme enseignant, médecin, avocat, fonctionnaire et se sont mariés avec des femmes d’origine française. L’émigration définitive vers la France hexagonale de la fratrie, entre 1945 et 1980 est liée à des destinées personnelles, elle ne s’inscrit pas le cadre du rapatriement après l’indépendance de l’Algérie.