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Marseille - New York, deux villes de transit migratoire (1850-1914)

Une conférence de Céline Regnard (maître de conférence IUF à l'Université d'Aix-Marseille)

Jeudi 9 mars 2017 - 18h30

Marseille, New York, deux villes chargées d’imaginaires qui ont inspiré peintres, photographes, cinéastes, auteurs. Deux villes ouvertes sur le monde, qui ont été et restent des portes d’entrée, en France et aux États-Unis, pour des immigrants en quête d’une vie meilleure. Mais ne sont-elles que des villes d’immigration ? La métaphore de la porte n’a-t-elle pas longtemps occulté une réalité plus discrète mais pour autant constitutive de leur identité : celles de villes de transit ?

Les migrations ne sont plus, aujourd’hui, considérées comme des trajectoires linéaires et définitives. Les allers-retours, les circulations, les temps d’attente et de transit ont été intégrées à l’histoire des hommes et des femmes en migration, renouvelant ainsi les travaux sur les villes qui jalonnent leur parcours.

Deux ports, Marseille et New York, dans deux cadres distincts, mais connectés par les lignes maritimes qui les relient et les passagers qui les empruntent, permettent de s’intéresser à l’histoire du transit migratoire. Et tout d’abord d’en prendre la mesure. Entre 1860 et 1910, sur les 16 millions de passagers que reçoit New York, seuls 2 millions s’y installent. Les autres partent vers l’intérieur des Canada ou gagnent le Canada ou l’Amérique latine. En 1887, Marseille est le premier port français par le nombre d’émigrants étrangers, devant Le Havre. Près de 30 000 personnes y embarquent pour les Amériques ou l’Afrique, soit environ 10% de la population de la ville.

Ces flux de population importants traversent Marseille ou New York, parfois pour quelques heures, souvent pour quelques jours ou semaines. Ils doivent s’y loger, s’y procurer des billets, y faire des achats, en repartir. Le transit est donc la raison d’être d’une économie tout entière, avec son corollaire d’illégalités, mais aussi de pratiques de contrôle. À travers l’examen croisé des conséquences du transit migratoire sur les espaces, les sociétés et les économies urbaines, c’est une nouvelle page de l’histoire des migrations que cette conférence entend éclairer.

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