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Mehdi Charef, lauréat du Prix littéraire de la Porte Dorée 2020 pour Rue des pâquerettes

Le Prix littéraire de la Porte Dorée récompense chaque année une œuvre écrite en français ayant pour thème l’exil, l’immigration, les identités plurielles ou l’altérité liée aux réalités migratoires.

Le Prix 2020 a été attribué à Mehdi Charef pour Rue des pâquerettes aux éditions Hors d’Atteinte.

Le jury, présidé cette année par l’écrivain Nedim Gürsel, a désigné le lauréat le lundi 15 juin 2020 parmi la sélection établie par le comité de lecture interne du Palais de la Porte Dorée.
Écrivain turc installé en France, Nedim Gürsel est l’auteur d’une trentaine de romans et récits de voyages parmi lesquels Un Long Eté à Istanbul ou Le Roman du conquérant. Son dernier ouvrage À l’ombre des pyramides est paru aux Éditions Empreinte temps présent en 2019.

Le roman : Rue des Pâquerettes

rue des paquerettes

1962, Nanterre, bidonville de la rue des pâquerettes. Le petit Mehdi, ses frères, ses sœurs et sa maman arrivent tout droit de la région de Tlemcen pour retrouver le père de famille, travailleur en France depuis plusieurs années et installé dans un baraquement de fortune, au sein d'un environnement quasi uniformément algérien. Du haut de ses dix ans, Mehdi observe et commente ce qui l'entoure avec acuité, intelligence, parfois même avec humour.
Auteur du premier roman écrit par un écrivain d’origine algérienne (Le thé au harem d'Archi Ahmed), Mehdi Charef n'avait encore jamais abordé de front son arrivée en France. Selon les mots de ses éditrices : « Il décrit le froid, la boue, l'humiliation du bidonville et le racisme ordinaire d'une France ou les ratonnades étaient banales, mais aussi l'instituteur qui leur apprend à aimer la vie autant que Victor Hugo ou la douceur d'une voisine. Comme un retour aux premiers mots d'une histoire qui a ensuite déraillé, Rue des Pâquerettes revient sur les raisons profondes pour lesquelles la France vit, aujourd'hui encore, l'immigration comme un problème. » Comme il le confie, ce livre est aussi un hommage ému à sa mère.

« Le prix de cette 11e édition du Prix littéraire de la Porte Dorée est décerné à Mehdi Charef pour Rue des Pâquerettes. […] C’est un enfant algérien qui parle de son itinéraire et de son rapport à ses parents mais dans un espace surprenant, celui d’un bidonville de Nanterre. C’est un texte très émouvant. Il y a une écriture transparente, sans emphase mais qui finit par toucher le lecteur. »
Nedim Gürsel, président du jury.

« J’ai bien aimé ce livre, même si ce que vit le narrateur, un gamin d’une dizaine d’années débrouillard et observateur, est loin d’être un conte de fées. J’ai trouvé ce récit passionnant et loin d’être accusateur ou pleurnichard. C’est un récit captivant, qui parle de déracinement et de coutumes, et l’utilisation fréquente des expressions arabes ajoute de la véracité à cette histoire. »
Harishwar, lycéen au Lycée Jules Verne (Val d'Oise).

Le lauréat : ​Mehdi Charef

Mehdi Charef

Mehdi Charef © Cyrille Choupas

Né en Algérie en 1952, romancier, scénariste et cinéaste, Mehdi Charef est arrivé en France en 1962. Il a connu les bidonvilles, les cités de transit et l’usine avant de publier quatre romans, tous au Mercure de France, et de réaliser onze films, dont Le Thé au harem d’Archimède (1984) et Graziella (2005).

La sélection 2020

  • Le ghetto intérieur de Santiago H. Amigorena,
  • Rhapsodie des oubliés de Sofia Aouine,
  • Zébu boy d’Aurélie Champagne,
  • Rue des pâquerettes de Mehdi Charef,
  • Mur Méditerranée de Louis-Philippe Dalembert,
  • Les métèques de Denis Lachaud,
  • Un soleil en exil de Jean-François Samlong,
  • Tous tes enfants dispersés de Beata Umubyeyi-Mairesse.

Voir la présentation de la sélection

Les membres du jury 2020

  • Nedim Gürsel, écrivain, président du jury
  • Kaoutar Harchi, écrivaine et sociologue
  • Mathieu Simonet, écrivain
  • Judith Roze, directrice du Département Langue française, Livre et Savoirs - Institut français
  • Sébastien Zaegel, délégué général de l’Association Bibliothèques en Seine-Saint-Denis
  • Fernando de Barros, libraire, Librairie Tschann
  • Deux délégués des Lycées Paul Valery (Paris) et Jules verne (Cergy)

Grâce au soutien de la Fondation SNCF, deux classes de lycées de la région Île-de-France, les lycées Paul Valery (Paris) et Jules Verne (Cergy), ont travaillé sur la sélection du Prix et participé aux échanges avec le jury.

Les précédents prix

En 10 ans, le Prix littéraire de la Porte Dorée a distingué les romans d’Alice Zeniter (Jusque dans nos bras, Albin Michel), Michaël Ferrier (Sympathie pour le fantôme, Gallimard), Henri Lopes (Une enfant de Poto-Poto, Gallimard), Mathias Enard (Rue des voleurs, Actes Sud), Julien Delmaire (Georgia, Grasset), Sylvain Prudhomme (Les grands, Gallimard), Doan Bui (Le silence de mon père, Albin Michel), Négar Djavadi (Désorientale, Liana Levi), Mohamed Mbougar Sarr (Silence du chœur, Présence africaine) et Omar Benlaâla (Tu n’habiteras jamais Paris, Flammarion).


Avec le soutien de la Fondation SNCF.

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