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Camp de Gurs, été 1939. Photographies de Turaï

Carnet de photographies du camp de Gurs

Scènes de vie au camp de Gurs, carnet de photographies du camp de Gurs, 1939. Photographies de Desvo Revaï dit Turaï © Musée national de l’histoire et des cultures de l’immigration

Scènes de vie au camp de Gurs, carnet de photographies du camp de Gurs, 1939. Photographies de Desvo Revaï dit Turaï © Musée national de l’histoire et des cultures de l’immigration


Collection du musée

Carnet de photographies, camp de Gurs, 1939. Imprimé et tirages argentiques
Lettre des brigadistes et sa traduction. Inv. 2014.4.33
Scènes de vie au camp de Gurs. Inv. 2011.4.4, 2011.4.14, 2011.4.16, 2011.4.19, 2011.4.20

Né à Budapest (Hongrie) en 1903, Turaï, de son vrai nom Dezso Revai


La guerre d’Espagne a entraîné le départ de plusieurs vagues de réfugiés vers la France, de 1936 jusqu’en 1939 où la chute de Barcelone provoque, en quinze jours, un exode sans précédent. Près d’un demi million de personnes franchissent alors la frontière des Pyrénées, dans de terribles conditions. C’est la Retirada. Le gouvernement français, qui n'a rien prévu pour les accueillir, parque les réfugiés espagnols dans des camps d'internement montés à la hâte.

Dès février 1939 le gouvernement français décide de construire de nouvelles installations pour les réfugiés d’Espagne. L’internement, inscrit dans les décrets adoptés par le gouvernement Daladier en 1938, s’organise et devient un outil du contrôle des étrangers que la République souhaite tenir à l’écart.
Achevé le 25 avril 1939, le camp de Gurs (Basses-Pyrénées, aujourd’hui Pyrénées-Atlantiques) compte 428 baraques et 19 000 internés, répartis en quatre groupes : Basques, "aviateurs" républicains, volontaires des Brigades Internationales et les autres "Espagnols". Pendant l’été, en dépit des difficultés et des incertitudes pesant sur leur sort, la vie des internés, largement organisée par le Parti communiste, témoigne d’une étonnante vitalité, en particulier dans le domaine culturel. Lorsque la guerre éclate, le climat a changé. Le camp se trouve vidé de moitié en raison des rapatriements et des recrutements dans l’économie locale. Pour ceux qui restent, les conditions de l’internement vont rapidement s’aggraver : manque d’hygiène et maladie, baraques ouvertes au vent et au froid et partout, la "boue de Gurs" ancrée pour longtemps dans les mémoires du camp.

Turaï et le camps de Gurs

Turaï est un photographe autodidacte. En 1926, il devient membre du Parti communiste. En 1935, comme beaucoup de ses compatriotes, il s’installe à Paris et commence une carrière de photoreporter. Lorsque la guerre d’Espagne éclate, Dezso Revai s’engage naturellement aux côtés des républicains espagnols avec les Brigades internationales dont il devient le photographe officiel sous le nom de Turaï. Pendant son internement au camp de Gurs, Turaï poursuit son activité de photographe. Cet ensemble de photographies témoigne de la vie quotidienne des internés de Gurs. Au sein des 382 baraques regroupées en 13 îlots, une vie politique, culturelle et sportive s’est développée, sous la direction du Comité général du Parti communiste. Ces clichés sont sans doute pris dans la section internationale, connue pour ses activités les plus variées.
 


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