Vous êtes ici

Correspondance de Kader Attia

Kader Attia, Correspondance, 2003 © Musée national de l'histoire et des cultures de l'immigration

Kader Attia, Correspondance, 2003 © Musée national de l'histoire et des cultures de l'immigration


Collection du musée

Correspondance, 2003. Diapositives et séquences vidéo transférées sur dvd, son, 26 im. Trente épreuves couleurs et noir et blanc

Kader Attia est né à Dugny en 1970. Il vit et travaille entre Paris et Berlin


L’installation de Kader Attia, composée de deux vidéos et de trente photographies accrochées à une corde à l’aide de pinces à linge ou posées à terre, construit une sorte de toile géo-photographique et illustre la vie des membres d’une famille, séparés depuis seize ans entre la France et l’Algérie.

Correspondance est un projet très intime. Kader Attia, à la fois récepteur et messager, crée un pont entre deux continents et permet à sa famille de correspondre à travers des photographies.
L’artiste révèle les différences qui sépare les deux mondes : “D’un côté la profusion des produits de consommation et de symboles de la société occidentale, précise-t-il, de l’autre des gens vivant dans un environnement rudimentaire, qui n’envient d’ailleurs pas du tout l’abondance dans laquelle nous vivons. Pourtant au-delà des différences, ces deux univers ne m’évoquent pas des mondes opposés mais deux entités d’une même cellule. Certains clichés pris ici ou là-bas se répondent comme une évidence.”
Cette œuvre, comme la famille filmée, se situe dans l’entre-deux, à la lisière de l’ici et de l’ailleurs, là où les frontières finissent par vaciller.
“Ceci est mon album de famille et pourrait être celui de beaucoup d’autres” explique Kader Attia qui part de son histoire personnelle mais la dépasse pour exprimer un phénomène plus général.

Né à Dugny, en Seine Saint-Denis, en 1970 de parents algériens, Kader Attia grandit dans l’univers des cités de Sarcelles et Garges-les-Gonesses, aux identités multiples, à l’image de celles qu’il explore dans son travail. S’il s’inspire souvent d’anecdotes personnelles, l’artiste utilise le réel, se le réapproprie et donne naissance à une œuvre où l’autobiographie se conjugue à la création. Formé à l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris, il élabore une œuvre protéiforme, puissamment métaphorique. Les questions liées à la diaspora, au déracinement nourrissent sa réflexion et le placent souvent dans une démarche de plasticien qui se rapproche aussi de celle de l’ethnologue. À travers ses créations, Kader Attia ne cesse d’interroger le monde et le politique, non sans humour, distanciation et poésie.


Haut de page