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Images d'Alger de Karim Kal, 2002

Images d'Alger 2002, Karim Kal © Musée national de l'histoire et des cultures de l'immigration

Images d'Alger 2002, Karim Kal © Musée national de l'histoire et des cultures de l'immigration


Collection du musée

Images d'Alger 2002. Photographies numériques, impression offset sur palette industrielle

Karim Kal est né Genève en 1977. Il vit et travaille à Paris.


Réalisé à la fin de la guerre civile en Algérie, cet ensemble de photographies donne à voir un paysage d’Alger ouvert sur l’extérieur et offant un regard sur le reste du monde.

L’homogénéité des couleurs et des thèmes donne son unité à cet ensemble de quatre photographies de même taille organisées de manière régulière sur une affiche. Il s’agit de vues de l’horizon marin, prises depuis le centre d’Alger, dans le quartier de Bab-El-Oued.
Dans la partie supérieure, les points de vue sont surplombants et le cadrage très large. Les photographies sont structurées horizontalement par la succession des plans, de la ville à l’étendue marine et au ciel. La ligne d’horizon se trouble, s’estompe et se perd…
Dans la partie inférieure, l’horizon est encadré par la perspective de la rue dont les immeubles structurent verticalement l’image. Le regard s’est rapproché de la ville qui se donne alors à voir à travers un ensemble d’éléments plus précis : ses habitants, ses immeubles, des voitures voire des engins de construction ; autant de traces qui restituent le contexte urbain, social et événementiel : celui des inondations qui ont touché le quartier de Bab-El-Oued en 2001.

Si les images laissent deviner les drames récents, elles cristallisent aussi la question du départ (entre nécessité et désir), de l’exode de beaucoup d’Algériens vers l’ailleurs. Il y a une force d’attraction très grande de cette immensité bleue, ouverte vers l’horizon ; c’est “comme une porte”, selon les mots de l’artiste ; c’est le regard des Algérois sur la Méditerranée.
Pour l’artiste, ces images transcrivent aussi des éléments qui l’ont frappé en Algérie : “l’ouverture d’esprit, la conscience de l’autre, l’intérêt partagé pour la géopolitique. Pour regarder le monde et le comprendre”, dit-il, “Alger était une situation bien plus favorable que la mienne”.

L’œuvre, constituée de ces affiches posées sur une palette industrielle en bois, est destinée à être emportée par les visiteurs : comme les algérois qui partent avec des images de leur ville, vous êtes invités à emmener avec vous les “Images d’Alger”.

Karim Kal est né en 1977 à Genève d’un père algérien et d’une mère française. Il a étudié l’art à l’école d’art d’Avignon, puis à celle de Grenoble avant d’être diplômé de l’école de photographie de Vevey, en Suisse.
Son travail explore les questions relatives au fait migratoire et aux identités territoriales. A travers des matériaux qui sont le bâti et l’environnement urbain, Karim Kal “interroge les notions de mouvements migratoires, d’identités territoriales et les modes de représentations photographiques de ces notions”.


Œuvre présentée dans l'exposition J'ai deux amours (16 novembre 2011 - 24 juin 2011)


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