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Le diplôme et le certificat de la médaille militaire d'Ohannès Mampreyan

Le diplôme et le certificat de la médaille militaire d'Ohannès Mampreyan. Don de Pierre Mampreyan © Musée national de l'histoire et des cultures de l'immigration

Le diplôme et le certificat de la médaille militaire d'Ohannès Mampreyan. Don de Pierre Mampreyan © Musée national de l'histoire et des cultures de l'immigration


Collection du musée

Don de Pierre Mampreyan


Le parcours d'Ohannès Mampreyan

 

Ohannès Mampreyan enfant 
(au centre) et sa famille : son oncle (barbe blanche) et sa sœur (debout au centre) (Syrie, 1920) © Musée national de l'histoire et des cultures de l'immigration

Ohannès Mampreyan enfant 
(au centre) et sa famille : son oncle (barbe blanche) et sa sœur (debout au centre) (Syrie, 1920) © Musée national de l'histoire et des cultures de l'immigration

"Ohannès Mampreyan, mon père, fils de Movsès et de Marguerite, est né en juillet 1912 à Fernouze en Cilicie (actuelle Turquie), dernier d’une famille de sept enfants. Sa mère s’occupait seule de tout ce petit monde, le père ayant été emporté par la maladie. Du génocide arménien, n’ont survécu que mon grand-oncle, papa et une de ses sœurs. Puis ce fut la déportation. Dans la confusion la plus totale, mon père a été séparé du reste de sa famille. Les plus chanceux ont atteint le Liban ou la Syrie, c’est là que papa a retrouvé sa sœur cinquante ans plus tard à Alep (Syrie). Pour sa part, mon père a été retenu et placé par l’administration turque dans une sorte de caserne-école-orphelinat, en fait un centre de rétention. Il s’est échappé au bout de quelque temps et doit son salut à des familles turques compatissantes.

 

1920, destination Lattaquié (Syrie). La France, ayant mandat en Syrie et au Liban, organise des structures pour permettre à cette population décimée de se reconstruire. Mon père obtient son certificat d’études primaires en 1924 à l’école Saint-Jacques puis enseigne à cette même école le français et l’arménien dans les petites classes.

1930, peu de perspectives d’avenir. C’est décidé, sa famille sera dorénavant la Légion étrangère. Liban, Algérie, Maroc, Tonkin, Sénégal, souvent en mer, et enfin, août 1944, le débarquement en Provence. Blessé dans les Vosges, il est rapatrié vers l’hôpital militaire Percy de Clamart, près de Paris, où il reçoit sa citation à l’ordre de la brigade : "Vieux légionnaire, s’est montré à la hauteur de sa tâche lors de l’attaque du bois d’Eisenheim le 24 janvier 1945. A été grièvement blessé au cours de l’action".

 

Ohannès Mampreyan chez Ascott (Paris) © Musée national de l'histoire et des cultures de l'immigration

Ohannès Mampreyan chez Ascott (Paris) © Musée national de l'histoire et des cultures de l'immigration

À sa sortie, un compatriote l’héberge et le persuade que son avenir est désormais en France. Mon père est naturalisé français en 1947. Il est ensuite pris en charge par un autre compatriote, devenu plus tard mon parrain. Ce dernier a lui-même immigré en France en 1925 et s’est installé comme cordonnier à Belleville. Il lui apprend le métier et le place chez Ascott, un bottier parisien de renom. 

 

L’horizon s’éclaircissait. Mon père se plaisait à dire qu’il a vécu là les plus belles années de sa vie. La paix, du travail. Il fonde une famille avec une femme d’origine arménienne née à Marache en Turquie, venue en France en 1925 par l’intermédiaire de mon oncle Melkon Bédrossian. Ma mère avait eu une première union avec un immigré arménien, rencontré en France et tué au front en 1939.

Mes parents se sont mariés en 1947 et je suis né un an plus tard. Ils m’ont élevé dans le respect de la France qui nous a permis de retrouver notre dignité"

(Pierre Mampreyan).

Le diplôme et le certificat de la médaille militaire

Ohannès Mampreyan, légionaire, a obtenu son diplôme militaire à l'école franco-arménienne de Lattaquié (Syrie), à la fin des années 1920. Il fut envoyé sur le théâtre des opérations dans de nombreux pays. Son fils, qui connaisait l'existence de ces papiers, les a redécouverts au décès de son père. Ce fut alors un déclic et il décida de partir sur les traces arméniennes de la famille.


En savoir plus sur l'immigration arménienne :

 

Les parcours des donateurs font l’objet d’entretiens filmés, qui sont présentés dans la Galerie et accessibles en ligne. Retrouvez-les sur cette carte

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