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Le marteau de Maria Luisa Broseta Marti

Le marteau de M-L Broseta Marti

Le marteau de Maria-Luisa Broseta Marti. Exposition Repères. Photo : Lorenzö © Musée national de l'histoire de l'immigration


Collection du musée

Donateur/prêteur : Don de Maria-Luisa Broseta Martí


L’exil vers la France de Maria-Luisa Broseta Martí et de sa famille

la famille Broseta-Marti

La famille Broseta Marti dans son jardin de Tarragone, 1936 © Musée national de l'histoire de l'immigration

En janvier 1939, les troupes franquistes sont sur le point d'entrer dans Tarragona, en Catalogne. Adrian Broseta Merenciano, Dolores Marti Domenech et leurs deux enfants se décident, comme tant d'autres, à quitter la ville au plus vite. Dolores prend quelques affaires à la hâte, dont une photo prise en 1936 dans le jardin, devant un palmier ; une carte postale de "La Niña Bonita" ("La Jolie Fille"), figure emblématique de la République Espagnole proclamée le 14 avril 1931 ; et, au hasard, un petit marteau, symbole de résistance. Car l'exil, pensait-elle, ne saurait durer, Franco serait vaincu et tous les réfugiés retourneraient chez eux. 

"J’avais huit ans. C’était le matin très tôt, le 13 janvier 1939. Ma mère nous a réveillés : ‘il faut partir’. Alors a commencé l’exode. On cheminait lentement vers la frontière, sur une route encombrée de charrettes, voitures, camions et, surtout, de gens qui fuyaient à pied devant les troupes nationalistes." María Luisa Broseta Marti

Maria-Luisa Broseta Marti, réalisation : L'atelier du bruit

 

Après un trajet en camion jusqu'à la gare de Gerona démarre la longue attente du départ d'un train, sous la menace continuelle des avions bombardiers. Enfin, un conducteur est trouvé. Puis c’est le départ vers Figueras sous le froid, la fatigue, la faim, les bombes... Puis de Figueras à la frontière française, où les réfugiés arrivent le 4 février, à pied ou en camion.

carte postale Maria-Luisa Broseta Marti

Carte postale figurant l'allégorie de la République espagnole, 1931 © Musée nationale de l'histoire de l'immigration

Là, seuls sont autorisés à passer les femmes, les enfants et les vieillards. Ils sont acheminés, par groupes, vers diverses localités ayant accepté de recevoir des réfugiés. C'est ainsi que Dolores Marti Domenech et ses deux enfants se retrouvent à Troyes, dans l'Aube. Après un contrôle médical dans la piscine de la ville et une nuit passée dans le sous-sol de l'hôpital, on les installe à Méry-sur-Seine, non loin de là, dans un ancien moulin désaffecté, avec plus de deux cents autres réfugiés. L’organisation du site est gérée par l'armée.

Un an plus tard, grâce au regroupement familial, Dolores et ses enfants partent rejoindre Adrian au camp de Melun, en Seine et Marne. Le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale pousse de nombreux réfugiés à s’exiler en Amérique Latine. Ayant obtenu les papiers nécessaires pour partir au Mexique, toute la famille tente de se rendre à Bordeaux pour y embarquer. Mais, bloqués par l'invasion allemande, ils se trouvent obligés de s'y établir.

 

Nous avons appris avec tristesse le décès de Maria-Luisa Broseta Martí survenu le 8 novembre 2020. Nous la remercions pour le don et le témoignage qu'elle nous a accordé et nous espérons que sa mémoire subsistera longtemps.


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