Objet

Mandoline napolitaine

Umberto Fratelli
Mandoline napolitaine

Umberto Fratelli, Mandoline napolitaine, entre 1920 et 1929, Collection du Musée national de l'immigration, 2020.17.1

Don du grand compositeur et interprète algérien Kamel Hamadi, époux de la célèbre chanteuse Noura, cette mandoline fabriquée en France dans les années 1920 est un instrument d'origine italienne apparu au cours du XVIIIe siècle. Utilisée aussi bien dans la musique classique européenne que dans la musique folklorique, la mandoline acquiert progressivement une dimension méditerranéenne.

Informations

Collection
Histoire
Type d’expot
Objet
Donateur / Preteur
Kamel Hamadi
Matériaux

Galalithe ; érable, palissandre, conifère ; métal, papier

Dimensions

H. 16 cm, l. 22 cm, L. 62 cm

Il existe ainsi une version appelée  le mandole , utilisée depuis plus d'un siècle dans les musiques traditionnelles algériennes, telles que le chaâbi ou la musique kabyle. 

Cheikh Saïd, premier propriétaire de cet instrument de musique, à la fin des années 1920, se produit dans un café à Paris pour amuser ses camarades. L'auditoire, essentiellement  nord-africain , bénéficiait de l'une des rares occasions d'écouter ces musiques encore peu diffusées sur les ondes des radios, et pas encore programmées dans les salles de spectacles, sauf exception, et notamment dans le cadre de meetings politiques. Les cafés  arabes  vont donc jouer un rôle culturel déterminant auprès de cette immigration maghrébine, et particulièrement algérienne. 

Dans la période de l'entre-deux-guerre, on assiste à un accroissement de cette immigration. En 1936, on comptabilise près de 85 000 Algériens qui se concentrent dans les grandes villes telles que Paris, Lyon ou Marseille. Le quotidien rythmé par le travail est difficile et les conditions de vie très dures. Les seuls moments de détente sont ceux partagés dans ces cafés qui font alors office de salle de jeux, de lieux de débat politique, de bureaux de recrutement, et, fait inédit, de salle de spectacle.Ils se trouvent ainsi aux origines de la scène musicale algérienne en France. En 1950, une étude comptabilise près de 600 cafés et restaurants spécifiquement maghrébins.

Un couple d'artistes contribuera à écrire cette histoire culturelle des cafés maghrébins, à Paris tout particulièrement, celui formé par la chanteuse algérienne Fatma Zohra et l'artiste instrumentiste Moh-Akli, son compagnon de scène et de vie. Le succès est tel qu'ils ouvrent leur propre café dans le 14e arrondissement. Ce lieu devient un tremplin pour de grands artistes tels que Cheikh El Hasnaoui ou le célèbre Slimae Azem, qui écriront, avec d'autres artistes, les plus belles pages de l'histoire des scènes musicales maghrébines, dans les années 1960 puis 1970.

Hédia Yelles-Chaouche, attachée de conservation au Musée national de l'histoire de l'immigration.

Texte issu du portfolio d'œuvres « Artistes maghrébins en création », revue Mondes & Migrations, « Héritages maghrébins », n°1355 octobre-décembre 2026.