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Punta Paloma, Spain, 2001, Go No Go, Les frontières de l’Europe

Punta Paloma, Spain, 2001, Go No Go, Les frontières de l’Europe, Ad Van Denderen

Punta Paloma, Spain, 2001, Go No Go, Les frontières de l’Europe, 1988-2002 © Ad Van Denderen, Musée national de l’histoire de l’immigration


Collection du musée

1988-2002 - Épreuve gélatino-argentique - 68 cm x 88 cm - Inv. 2009.46.7

Ad Van Denderen est né à Zeist (Pays-Bas) en 1943. Il vit et travaille à Amsterdam


A la croisée de l’art et du reportage, Ad van Denderen explore et documente le monde contemporain à travers des projets personnels qui l’ont mené de son pays natal, la Hollande, vers d’autres territoires comme l’Afrique du Sud ou le Moyen-Orient.

Durant quatorze ans, Ad van Denderen photographie les frontières de l’espace Schengen et s’engage auprès de ces hommes qui tentent l’émigration pour rejoindre le rêve d’une vie meilleure en Europe. Marcher des jours pour traverser la frontière albanaise et rejoindre Athènes, débarquer illégalement sur les côtes espagnoles à Tarifa ou à Punta Paloma, chercher à travailler, survivre clandestinement et surtout attendre dans les rues, les pensions, les camps de réfugiés, avant d’emprunter à nouveau le chemin vers la dignité. Autant d’étapes que le photographe enregistre.

Vivant quelques jours ou quelques mois aux côtés de ces migrants, Ad van Denderen documente leur quotidien avec la distance sensible du noir et blanc et un cadrage intimiste. En parallèle des circuits et des filières de l’immigration clandestine, il présente les mécanismes inverses de la régulation policière et judiciaire, établissant ainsi un témoignage global de ces flux invisibles. En 2003, Ad van Denderen publie l’ouvrage Go No Go, Les frontières de l’Europe. Dans ce photo-essai, il intègre des bribes de témoignages de ces apatrides. Rejetés de toutes parts, en transit continuel, on ne les voit jamais, ils n’apparaissent que quelques instants sur nos écrans en cas de tragique accident. Au fil des images prises par Ad van Denderen, s’ébauchent leur quotidien et leur destin, suspendus dans l’attente et la clandestinité : « J’ai essayé de capter un tant soit peu cette société de l’ombre dans laquelle des gens font tout ce qu’ils peuvent pour survivre, et où la honte, la fierté et la dignité jouent un rôle essentiel. Je voulais donner un visage à ceux qui autrement seraient restés anonymes » (Ad van Denderen, Asylum seekers, traduit par Isabelle Renard, texte paru dans le catalogue de l’exposition J’ai deux amours. La collection d’art contemporain du Musée, Paris, éd. CNHI-Montag, 2011, pp. 58-59).

Isabelle Renard, cheffe du service des collections et des expositions, et Elsa Rigaux, chargée d’expositions


Ce texte est issu du portfolio "Les femmes dans les collections du Musée" publié par la revue Hommes & Migrations dans son numéro "Femmes engagées" (n°1331, octobre-décembre 2020)

En savoir plus sur Go No Go de Ad Van Denderen :

En savoir plus sur la question des frontières :

En savoir plus sur les migrations des femmes : 
Des femmes en mouvements. Images et réalités des migrations féminines.

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