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Sans titre, Djamel Tatah

Ensemble de 4 tableaux, 2008
Sans titre, Djamel Tatah, 2008 © Musée national de l'histoire et des cultures de l'immigration

Sans titre, Djamel Tatah, 2008 © Musée national de l'histoire et des cultures de l'immigration


Collection du musée

Djamel Tatah est né à Saint-Chamond en 1959. Il vit et travaille à Paris.


Lorsque l’on s’arrête sur le travail de Djamel Tatah, on est frappé par la ressemblance de ses toiles. L’artiste travaille à partir de prises de vue de proches et d’amis. Dans cette banque de données et à partir des images choisies, il compose informatiquement l’architecture du tableau et la projette sur la toile avant d’entamer le geste pictural. La distance avec le modèle est ainsi créée.

Dans les Sans titre de 2008, les personnages se meuvent dans un univers vide, silencieux. Ils sont comme en dehors du temps... en suspension. Les corps et les visages, tous de la même tonalité, pâles aux yeux cernés de bleu, paraissent absents. Comme pour abolir toute trace d’émotion, toute forme de psychologie, toute appartenance sociale ou raciale. Sans doute, la figure représentée ici peut se lire comme l’allégorie d’une certaine jeunesse d’aujourd’hui, que l’on retrouve de part et d’autre de la Méditerranée, dans les rues de France ou d’Alger, les “Hittistes” (littéralement « qui tiennent les murs »). Mais ce qui émerge avant tout de ces personnages, c’est une impression de dépouillement et de grande solitude.

«Je fais toujours le même tableau. J’explore toujours le même sentiment, le même rapport au monde, avec une insatisfaction perpétuelle qui me pousse à continuer. La répétition est inhérente à mon travail. (...) Pourquoi ce personnage est-il répété plusieurs fois ? C’est pour accentuer l’idée. Comme dans la musique répétitive, cela devient progressivement lancinant. Mais c’est une fausse répétition. Tout se passe dans les nuances » (Djamel Tatah, « En face du monde », entretien de Djamel Tatah avec Jérôme Sans, in Made By Djamel Tatah, éd. Kamel Mennour et galerie Enrico Navarra, 2008). 
 


Œuvre présentée dans l'exposition J'ai deux amours (16 novembre 2011 - 24 juin 2011)


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