Mimosas. La voie de l’Atlas

Un film d’Oliver Laxe

Mimosas. La voie de l’Atlas

Une caravane chemine à l’assaut des sommets enneigés de l’Atlas. Elle mène un cheikh mourant là où il veut reposer, à Sijilmassa…

Mais le vieil homme, qui a exigé de couper à travers la montagne pour hâter le voyage, meurt en route, et seuls deux vagabonds, qui s’étaient joints au convoi dans l’espoir de pouvoir voler quelque chose, acceptent d’amener le cadavre à bon port, malgré le danger. Dans un monde parallèle, contemporain, un personnage qui semble le patron d’une compagnie de taxis envoie à leur secours un jeune homme du nom de Shakir, mi-prêcheur illuminé, mi-simplet. Il le charge en particulier de veiller sur Ahmed, celui des deux voyous qui, le premier, perd courage…

"Western" marocain mystique et mystérieux, Mimosas ne fournit aucune explication, pas même celle de son titre. Pour en goûter la beauté, de même que Shakir, l’étrange guide, exhorte ses compagnons à s’en remettre à Dieu, il faut accepter de se laisser porter sans forcément comprendre où l’on vous mène par les images, qui magnifient les paysages et les visages, et par l’intensité de ce qui se joue à l’écran. Il faut aussi consentir à voir évoquer ce qui constitue, de façon assez claire en revanche, le sujet principal du film : la foi. "Je voulais explorer la mystique musulmane et le cœur de l’islam, a résumé Oliver Laxe, son auteur, un jeune Espagnol installé depuis plusieurs années au Maroc. J’ai compris que ces choses étaient déjà en moi dans ma famille espagnole et chrétienne, que le montagnard, par exemple, partageait les mêmes valeurs fondamentales". Et c’est ce "monde spirituel" commun à tous les hommes qu’il a tenté de peindre dans une œuvre puissante et étrange, dont les questions résonnent profondément en nous.

Irène Berelowitch