Nefer, la fusion chic

Entretien avec Daniel Tohou par Mustapha Harzoune

Nefer, la fusion chic

Carrure d’armoire à glace, démarche chaloupée, souriant et affable, ce Daniel Tohou a de quoi surprendre. Et des ressources ! qu’il sait faire valoir mobilisant un art de la débrouille et de l’entrepreneuriat, un esprit fonceur et créatif, du culot et du bagou.

Après un BTS de commerce suivi d’un master de philo, Daniel Tohou ouvre une boutique à Paris pour vendre des costumes à l’italienne avant de se payer une formation de tailleur au sein de la prestigieuse Association formation tailleur de Paris (AFT). Diplôme en poche, il fourbie ciseaux et aiguilles chez Smalto pour ensuite concrétiser son objectif : créer sa propre ligne de vêtements. Ce sera Nefer. En 2014, « Harlem renaissance » signe sa première collection, l’appellation évoque la culture noire du célèbre quartier newyorkais, l’entre deux guerres et les ambiances des clubs de jazz.

© Daniel Tohou - Nefer

Daniel Tohou multiplie et cultive – ce qui est aujourd’hui du grand art - les appartenances : fils d’immigrés africains, gavroche de banlieue, il a grandi et habite toujours Villiers le Bel, intello féru de philo et d’histoire africaine, maître tailleur formé dans la plus pure tradition, il garde présent à l’esprit – et au cœur - le legs africain reçu de sa mère : tissus, couleurs, motifs et symboles. De quoi dérouter les spécialistes en réclusion identitaire, les ayatollahs de l’Unique, les bêcheurs à l’imaginaire sclérosé par trop d’habitude.

© Daniel Tohou - Nefer
Daniel Tohou jongle avec les espaces, les milieux, les habitus, les cultures, les références... de sorte que sa marque, à l’image de son créateur et concepteur, ambitionne de marier les appartenances, les héritages, les influences, de bousculer le train-train et le ronron, de décontracter le classique (gris et le noir), sans verser dans le relâcher, sans rompre avec une exigence de qualité, sans forligner, en respectant les traditions et le savoir-faire qui ont fait l’histoire et la notoriété de la distinction en complet veston façon italienne ou française.

En septembre, cet amateur de cigare, de bons vins et bien sûr de raffinement bougrement urf, présentera sa deuxième collection.

Rencontre dans le square du palais Galliera. Mode « chicos » oblige !

Entretien avec Daniel Tohou

- Comment un gamin de Villiers le Bel, fils d’immigrés, est arrivé à créer une marque de vêtements pour homme, une ligne aux influences multiples et plutôt chic ?

(2min34)

- Pourquoi Nefer ?

(35sec)

- Comment avez vous réussi à créer votre société ? On imagine qu’il a fallu trouver des partenaires, les convaincre pour vous suivre, vous soutenir ?

(2min17)

- Qu’est ce qui fait l’originalité de vos créations, de vos vestes, de vos costumes ?

(2min12)

- Quels sont les principaux rendez-vous de Nefer en 2015 et vos objectifs à plus long terme ?

(1min16)

- Vous dîtes que par rapport à la France, les pays anglo-saxons seraient plus ouverts, moins réfractaires à la différence, aux métissages dans la création. Quelles sont les difficultés que vous rencontrées, les écueils qu’il faut éviter ?

(1min22)

- Vous habitez toujours Villiers le Bel ?

(2min)

Texte et entretien : Mustapha Harzoune