Qu’est ce qu’un demandeur d’asile ?

 

Récepissé de demande de droit d’asile émis par la Préfecture de police de Paris le 22 mai 1985 © Michel Setboun/Rapho/Eyedea

Récepissé de demande de droit d’asile émis par la Préfecture de police de Paris le 22 mai 1985 © Michel Setboun/Rapho/Eyedea

Le mot "réfugié" ne doit pas être confondu avec le mot "demandeur d’asile". Un demandeur d’asile est une personne qui dépose une demande d’asile afin de bénéficier du statut de réfugié. Un réfugié a été demandeur d’asile mais tous les demandeurs d’asile ne sont pas reconnus réfugiés.

 

La Convention de Genève ne remet pas en cause la souveraineté des États. Chaque pays est libre d’interpréter le texte de la Convention de manière plus ou moins restrictive. Ainsi, il peut émettre des réserves quant à l’application de tel ou tel article de la convention sur son territoire et ce en fonction de sa propre législation en matière de droit au séjour, du droit du travail ou du code de nationalité.

L’asile en France

 

Demandeuse d’asile congolaise dans la zone d’attente de Zapi 3 située près de l’aéroport de Roissy Charles de Gaulle, 23 décembre 2004 © Olivier Aubert / Musée national de l'histoire et des cultures de l'immigration, CNHI

Demandeuse d’asile congolaise dans la zone d’attente de Zapi 3 située près de l’aéroport de Roissy Charles de Gaulle, 23 décembre 2004 © Olivier Aubert / Musée national de l'histoire et des cultures de l'immigration, CNHI

En 2010, 52 762 demandes d’asile ont été enregistrées par les services de l’OFPRA, soit une augmentation de 10,6 % par rapport à 2009. 35 % étaient originaires du continent africain (République Démocratique du Congo et Guinée notamment), 31 % du continent européen (Kosovo, Russie, Arménie ou Turquie), 28 % du continent asiatique (Bengladesh, Sri Lanka, Chine) et 5 % du continent américain (Haïti majoritairement).
Jusqu’au début des années 1980, entre 80 % et plus de 90 % des demandes d’asile en France recevaient une réponse favorable.

 

Aujourd’hui, en raison de politiques visant à maitriser les flux migratoires, moins de 20 % des demandeurs d’asile sont acceptés. En 2010, le taux de refus s’établissait à 86,5 %.

Comparaisons européennes

La France figure au premier rang des pays européens en matière de demandes d’asile et au deuxième rang des pays industrialisés, derrière les Etats-Unis. En 2010, les demandes d’asile étaient en hausse en Allemagne, en Suède, en Belgique et en France. Elles enregistraient une baisse en Italie, au Royaume-Uni et aux Pays-Bas.
Par rapport au nombre de réfugiés admis à séjourner sur son territoire (5 151 en 2010), la France se situe derrière l’Allemagne (10 445), la Suède (8 495), les Pays Bas (7 905), la Suisse (7815), la Hollande (7 565) et le Royaume Uni (6 440),
En 2010, 75,19 % des décisions prises au sein de l’Union européenne (27) ont fait l’objet d’un rejet. La situation variait selon les pays. Sur les quelques 37 620 décisions prises, la France a rejeté 86,5 % des demandes d’asile. L’Allemagne de son côté a rejeté 76,94 % des 45 310 demandes traitées. Pour le Royaume-Uni, ce taux s’élève à 75,87 % (pour 26 690 décisions) et pour la Suède à 69,27 % (pour 27 630 décisions).
Une comparaison du nombre de réfugiés par rapport à la population modifierait les classements. Selon Eurostat, en 2009, Malte, Chypre la Suède, la Belgique et l’Autriche enregistrent les taux les plus élevés de demandeurs d’asile par million d’habitants. 

Mustapha Harzoune, 2012