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Fête de Ganesh à Paris, entre 1993 et 1999

Fête de Ganesh à Paris, entre 1993 et 1999, Olivier Aubert

Fête de Ganesh à Paris, entre 1993 et 1999 © Olivier Aubert, Musée national de l’histoire de l’immigration


Collection du musée

Épreuve gélatino-argentique - 40 cm x 30 cm - Inv. 2006.310.3

Olivier Aubert, vit et travaille à Paris


Quand on pense à l’Asie, on s’imagine souvent des paysages de Chine, parfois du Vietnam ou de la Thaïlande. Mais les cartes postales d’Inde nous viennent rarement à l’esprit. C’est probablement la faute à l’histoire, aux comptoirs de commerce et aux hasards de la navigation en haute mer.

De nos jours, le sextant est devenu obsolète pour faire la route des épices. En quelques stations de métro seulement, on peut plonger au coeur de l’océan Indien le temps d’une balade entre la Goutte d’Or et la rue du Paradis. Vers la fin de l’été, on y célèbre la puissance du Dieu à tête d’éléphant à coups d’offrandes, de noix de coco brisées, de chants pieux le long de chars célestes bordés de feuilles d’aréquier.

Les fidèles sont au rendez-vous. Des femmes tiennent entre leurs mains des flammes dansantes pour conjurer le mauvais oeil. Les badauds se pressent sur les trottoirs chargés d’appareils photo ou de carnets de croquis. Les enfants posent des questions à leurs parents, les yeux écarquillés par les couleurs, les boucles d’oreilles qui virevoltent même aux lobes des hommes, leur cou orné de colliers odorants de fleurs de jasmin qui se mêlent aux effluves de camphre brûlé dans les pots en terre cuite. Les sons des tambours, flûtes et nâgasvaram prennent le pas sur les passages du métro aérien. Pendant ces heures heureuses, Paris a le visage de ses habitants. Ses rues sont festives, spirituelles, et c’est communicatif.

Puisse Ganesh entendre leurs prières à la paix, assis sur son trône de lotus ou dansant parmi les processionnaires, et lever les obstacles de nos illusions et de notre ignorance. Et puissions-nous connaître les traditions et les histoires de toutes les communautés qui composent notre ville de coeur.

Grace Ly, écrivaine


Ce texte est issu du portfolio "Les femmes dans les collections du Musée" publié par la revue Hommes & Migrations dans son numéro "Femmes engagées" (n°1331, octobre-décembre 2020)

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