Photographie

Hôtels meublés. Si tu ne paies pas, tu t'en vas

Photographies de Guillaume Collanges
Hôtels meublés de Guillaume Collanges, 2000-2001 © Musée national de l'histoire et des cultures de l'immigration

Hôtels meublés de Guillaume Collanges, 2000-2001 © Musée national de l'histoire et des cultures de l'immigration

Né en 1970. Journaliste, membre fondateur du collectif Argos, Guillaume Collanges a reçu le prix du Documentaire pour son reportage sur Les Maldives à fleur d'eau au Festival International du Scoop en 2007. Il a réalisé plusieurs reportages sur le monde industriel, l'artisanat et le logement, qui mettent en avant la vie quotidienne des gens simples et des déshérités.

Le photographe Guillaume Collanges a fait la tournée des hôtels meublés, lieux de solitude, de précarité, de misère où échouent des « locataires à durée indéterminée ».

Guillaume Collanges s’est arrêté en septembre 1999 devant un hôtel meublé. Intrigué, il poussera la porte d’une vingtaine d’entre eux. Ses photographies aux couleurs délavées nous font entrer dans un monde inconnu, une atmosphère minimaliste, où les modes de vie à part s’installent dans la précarité, une misère parfois enfouie sous la fierté de ces occupants.

Les hôtels meublés se remarquent rarement. Tout le monde connaît leur existence, et l’imaginaire collectif les a longtemps associés à un mode de vie particulier, une sorte de bohème artistique. La réalité est plus sombre et se résume en quelques mots : solitude, précarité, misère. Ce ne sont ni des foyers, ni des logements à loyer modéré. Plus ou moins bien tenus, les hôtels vont du taudis insalubre à une sorte de pension de famille, où la diversité des lieux répond à la complexité des histoires.

À l’hôtel, résume un occupant, on est un locataire sans droit, sans protection : « si tu payes, tu restes, si tu payes pas, tu t’en vas... »

Informations

Collection
Histoire
Type d’expot
Photographie
Inventaire
2007.59.01 à 2007.59.012
Hôtels meublés de Guillaume Collanges, 2000-2001 © Musée national de l'histoire et des cultures de l'immigration

Legende

Hôtels meublés de Guillaume Collanges, 2000-2001 © Musée national de l'histoire et des cultures de l'immigration

Guillaume Collanges, "Hôtels meublés - Si tu ne paies pas, tu t’en vas", entre 2000 et 2001, tirages gélatino-argentiques couleur, 41 cm x 62 cm, Collection du Musée national de l'Histoire de l'immigration. 2007.59.7

Legende

Guillaume Collanges, Hôtels meublés - Si tu ne paies pas, tu t’en vas, entre 2000 et 2001 © Musée national de l'Histoire de l'immigration. 2007.59.7

Credit

© Guillaume Collanges

« Ça fait trois mois que je suis ici. Je suis pris en charge par une association, l’antenne d’Aguesseau à Boulogne.
J’ai fait plein de bêtises avant. J’ai fait plusieurs foyers, il y avait trop de monde, j’aimais pas l’ambiance. Ici, il y a moins de pression. Quand il y a 50 jeunes , il y a 6 éducateurs. Pour venir ici, il faut faire des études, je suis en première année de BEP compta.
Le diplôme, j’vais l’manger, j’vais l’avoir. Je fais pas de chichi pour aller à l’école. Les diplômes, c’est de la balle. J’ai envie de toucher du général, je compte aller jusqu’au bac.
Quand tu bosses, t’as ta paye à la fin du mois, alors qu’en stage, tu fais des photocopies, des enveloppes ou répondre au téléphone. Mais, c’est un boulot de secrétaire, pas un boulot de compta. »

Guillaume Collanges, "Si tu payes pas tu t’en vas…" : série de 12 tirages légendés avec les témoignages des résidents de différents hotels meublés © Musée national de l'histoire et des cultures de l'immigration

Legende

Guillaume Collanges, « Hôtels meublés - Si tu ne paies pas, tu t’en vas » : série de 12 tirages légendés avec les témoignages des résidents de différents hôtels meublés, entre 2000 et 2001 © Musée national de l'histoire de l'immigration. 2007.59.3

« Cela fait 10 ans que je suis ici, et mon fils onze. J’ai 75 ans. Je voudrais bien trouver quelque chose. A l’époque, j’ai essayé de demander un logement à la mairie, mais il y avait des queues interminables, j’ai pas insisté. Avant, je vivais dans un quatre pièces avec mon mari, jusqu’à 55 ans. Mes enfants sont restés, je ne faisais plus la loi chez moi. Ensuite, j’ai vécu cinq ans chez ma sœur et j’ai atterri ici. J’ai été souffrante dernièrement, l’assistante sociale m’a convoquée. Ils ont pris mes coordonnées, même un studio me suffirait. Mon fils est tout seul, il travaille dans le bâtiment. Toute la journée, je fais la navette entre sa chambre et la mienne. Je prends mes repas avec lui. Je fais son linge, je repasse, je m’occupe de l’entretien de sa chambre. Parfois, je vais me promener, jusqu’à République, je regarde les boutiques, je prends l’air. En vacances, on part ensemble, sa petite, c’est moi qui l’ai élevée. Elle est débrouillarde. Maintenant, elle a un petit studio et du travail. Je ne comptais pas rester toujours là, mais les années s’écoulent et on reste. J’ai toujours été très solide, mais maintenant ça commence à décliner. J’ai fait une carrière de vendeuse aux Galeries Lafayette. Je suis parisienne, à la campagne, je m’embête, je suis trop habituée à la vie trépidante de Paris. Je mène une vie triste sans rien, tous les jours, c’est la même chose. »

Guillaume Collanges, "Si tu ne paies, pas tu t’en vas…" : série de 12 tirages légendés avec les témoignages des résidents de différents hotels meublés 2 © Musée national de l'histoire et des cultures de l'immigration

Legende

Guillaume Collanges, « Hôtels meublés - Si tu ne paies pas, tu t’en vas » : série de 12 tirages légendés avec les témoignages des résidents de différents hôtels meublés, entre 2000 et 2001 © Musée national de l'histoire de l'immigration. 2007.59.5

« Cela fait 10 ans que je suis ici, et mon fils onze. J’ai 75 ans. Je voudrais bien trouver quelque chose. A l’époque, j’ai essayé de demander un logement à la mairie, mais il y avait des queues interminables, j’ai pas insisté. Avant, je vivais dans un quatre pièces avec mon mari, jusqu’à 55 ans. Mes enfants sont restés, je ne faisais plus la loi chez moi. Ensuite, j’ai vécu cinq ans chez ma sœur et j’ai atterri ici. J’ai été souffrante dernièrement, l’assistante sociale m’a convoquée. Ils ont pris mes coordonnées, même un studio me suffirait. Mon fils est tout seul, il travaille dans le bâtiment. Toute la journée, je fais la navette entre sa chambre et la mienne. Je prends mes repas avec lui. Je fais son linge, je repasse, je m’occupe de l’entretien de sa chambre. Parfois, je vais me promener, jusqu’à République, je regarde les boutiques, je prends l’air. En vacances, on part ensemble, sa petite, c’est moi qui l’ai élevée. Elle est débrouillarde. Maintenant, elle a un petit studio et du travail. Je ne comptais pas rester toujours là, mais les années s’écoulent et on reste. J’ai toujours été très solide, mais maintenant ça commence à décliner. J’ai fait une carrière de vendeuse aux Galeries Lafayette. Je suis parisienne, à la campagne, je m’embête, je suis trop habituée à la vie trépidante de Paris. Je mène une vie triste sans rien, tous les jours, c’est la même chose. »

Guillaume Collanges, "Si tu payes pas tu t’en vas…" : série de 13 tirages légendés avec les témoignages des résidents de différents hotels meublés - 3 © Musée national de l'histoire et des cultures de l'immigration

Legende

Guillaume Collanges, « Si tu payes pas tu t’en vas… » : série de 13 tirages légendés avec les témoignages des résidents de différents hotels meublés © Musée national de l'histoire et des cultures de l'immigration

Guillaume Collanges, "Si tu payes pas tu t’en vas…" : série de 13 tirages légendés avec les témoignages des résidents de différents hotels meublés © Musée national de l'histoire et des cultures de l'immigration

Legende

Guillaume Collanges, « Si tu payes pas tu t’en vas… » : série de 13 tirages légendés avec les témoignages des résidents de différents hotels meublés © Musée national de l'histoire et des cultures de l'immigration

Afficher les descriptions
Désactivé