Images de Marseille
Jacques Windenberger est né à Bourg-en-Bresse en 1935. Il vit et travaille à Avignon.
Installé en région PACA, Jacques Windenberger a beaucoup travaillé sur la ville de Marseille. Dans les années 90, il y entreprend un travail documentaire dont l’objet est l’évocation de la vie quotidienne de famille marseillaise d’origines différentes. Ce travail qui a donné lieu à un livre et à une exposition, tous deux intitulé Images de Marseille. Question de fraternité, a permis de constituer une mémoire visuelle de l’immigration à Marseille à la fin du vingtième siècle, certaines de ces photographies ont été acquises par le Musée.
Je suis devenu photographe indépendant parce que j’en avais assez de prendre des images de pseudo-événements : des cocktails parisiens, des sorties de l’Élysée, etc. J’habitais à Sarcelles, dans le premier grand ensemble construit en France. Une cité où je vivais une vie ordinaire vécue par le plus grand nombre. Et il y avait un tel écart entre ce qu’on me faisait faire dans les agences et la « vie » que je me suis dit qu’il y avait autre chose à faire. C’est ainsi que j’ai photographié la vie dans la cité : j’habitais Sarcelles et, en même temps, je chroniquais, je documentais la vie quotidienne telle qu’elle s’y déroulait.
Depuis le début, j’entends par « vie quotidienne » les temps, les activités, les besoins de tout un chacun. L’habitat, le travail, les loisirs, la vie sociale, la vie politique… en essayant de ne pas dissocier ces différents aspects. Tout cela est lié. Je suis très attaché à la transversalité et aux interdépendances entre les choses […]. L’immigration, je l’ai rencontrée dans divers sujets touchant à l’urbanisme, à l’agriculture, à l’industrie que j’ai pu traiter : la construction d’une cité comme Sarcelles, les conditions de vie des saisonniers agricoles que j’ai pu rencontrer en région Paca, les travailleurs de l’industrie ou de la sidérurgie à Fos-sur-Mer. À chaque fois ils étaient présents. Mon créneau c’est la vie quotidienne dans sa banalité, qui est souvent invisible, des immigrés.
Propos recueillis par Anne Volery, historienne et éditrice web.
Texte issus du portfolio « L'engagement dans les collections du Musée », revue Hommes & Migrations, « Artivisme », n° 1342, juillet-septembre 2023.
En savoir plus :
Entretien avec Jacques Windenberger : Documenter la vie quotidienne de gens ordinaires
Informations
Procédé argentique
H. 23,8 cm, l. 30,3 cm
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