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Manifestations du collectif de sans-papiers de la Maison des Ensembles, de Bruno Serralongue

Bruno Serralongue, Manifestations du collectif de sans-papiers de la Maison des Ensembles, 2001-2003 © Musée national de l'histoire et des cultures de l'immigration

Bruno Serralongue, Manifestations du collectif de sans-papiers de la Maison des Ensembles, 2001-2003 © Musée national de l'histoire et des cultures de l'immigration


Collection du musée

Manifestations du collectif de sans-papiers de la Maison des Ensembles, 2001-2003. 45 épreuves ilfochromes contrecollées sur aluminium.

Bruno Serralongue est né à Châtellerault en 1968. Il vit et travaille à Paris


Bruno Serralongue effectue, entre 2001 et 2003, un travail sur le collectif de sans-papiers  de la Maison des ensembles qui manifestait tous les samedis depuis 1999 autour de la fontaine de la place du Châtelet pour demander la régularisation de ses membres.

Bruno Serralongue expose 45 photographies d'une manifestation du collectif de Sans Papiers appelé la Maison des ensembles. Lorsque l'on parle des sans-papiers, il peut s'agir de personnes qui n'ont pas obtenu d'autorisation de séjour pour venir vivre en France, mais qui ont tout de même tenté leur chance en espérant être régularisé une fois sur le territoire français, mais aussi de personnes qui sont venues en France avec une autorisation de séjour, et qui n'ont pas réussi à la faire renouveler.

Lorsqu'on observe ces photos, à première vue, on peut penser qu'il s'agit toujours de la même manifestation, le même jour : la banderole ne change pas, le lieu est toujours la Place du Châtelet à Paris. Mais, si l’on observe de plus près, des éléments factuels nous montrent le temps qui passe : la météo n'est pas la même, et si, sur certaines photos, les arbres sont garnis de feuilles vertes, sur d'autres ils sont totalement dénudés. Ces indices révèlent la volonté du photographe de montrer la durée de la mobilisation des sans papiers, en opposition au traitement ponctuel qu'en font bien souvent les médias. L'intérêt de souligner le temps long de cette mobilisation est de révéler la difficulté d'aboutir à une solution, puisque leurs revendications n'évoluent pas. En l'occurrence, l’artiste a couvert cette manifestation de Sans Papiers de 2001 à 2003, tous les jeudis et tous les samedis.
Sur chaque photographie, il y a une légende qui est en fait une date. Ces légendes font référence à l’aspect “archive” du travail de l’artiste qui installe la notion de durée contrairement aux images de presse. En cela son travail, qui semble au premier regard proche de celui du photo-reporter, se situe en fait clairement dans le champ de l’art contemporain.

La principale demande inscrite sur la banderole est la régularisation. L'enjeu de cette revendication est, pour beaucoup de Sans Papiers qui sont des travailleurs, de faire valoir leurs droits à la sécurité sociale, au chômage, à la retraite, et de protester contre des conditions de travail et de salaire très inégales.
Sur la banderole est également inscrite la demande de fermeture des centres de rétention : comme leur nom l'indique, ces structures ont été crées pour retenir les personnes en situation irrégulière, afin de pouvoir étudier, administrativement, leur dossier. La durée de rétention s'allonge de plus en plus depuis les années 80, ce qui permet aux autorités françaises de ne pas “relâcher” les sans papiers, mais de les expulser directement à partir du centre de rétention. Sur le mur en face de cette œuvre, vous pourrez examiner un ensemble de photographies prises dans le centre de rétention de Sangatte, et qui témoigne des difficiles conditions de vie dans ces espaces.

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