Installation
Mother Tongue
Zineb Sedira, Mother Tongue, 2002, triptyque vidéo, 15', Collection du Musée national de l'histoire de l'immigration, 2005.1.1
© Zineb Sedira, Courtesy galerie, Kamel Mennour, Paris
Comment transmettre la mémoire et les savoirs ? Comment révéler des parcours de vie d'une génération à une autre ? Comment maintenir des liens avec ses origines tout en se frottant à d'autres univers culturels ? Ce sont autant d'interrogations qui irriguent l'oeuvre Mother Tongue, « Langue maternelle », réalisée par Zineb Sedira.
Informations
Master sur bande digitale betacam numérique Sony, trois vidéos de 5 minutes chacune. 3 copies sur DVD.
H. 2,5 cm, l. 9,3 cm, L. 15,5 cm (boîte)
Zineb Sedira
Zineb Sedira est née en France en 1963 de parents algériens. En 1986 elle part faire des études en Angleterre et s’y installe. Cette œuvre la met en scène ainsi que sa fille et sa mère.
Le dispositif est constitué de trois écrans présentant chacun un dialogue entre deux des trois femmes. Le tout forme un triptyque vidéo, qui donne à voir, à travers différentes générations, la transmission orale de la mémoire familiale.
Une installation en trois écrans
Cette installation vidéo est composée de trois films de 5 minutes projetés sur trois écrans. Zineb Sedira met en scène trois conversations entre trois femmes d’une même famille, la mère, la fille et la grand-mère, qui s’expriment dans des langues différentes, en l’occurrence la langue maternelle de chacune. Par le biais de la langue, elle aborde la question de la pluriculturalité et celle de la transmission et de la perte d’identité.
Sur le premier écran, l’artiste (à droite) pose à sa mère des questions en français sur son enfance et sa scolarité. Sa mère répond en arabe, et l’intercompréhension est parfaite.
L’écran central présente, lui, une situation de communication similaire où la fille de l’artiste (à droite) interroge sa mère sur son enfance. Elle parle à sa mère en anglais (qui est la langue du pays où elle grandit) et la mère lui répond en français. A nouveau, les deux personnages dialoguent, chacun parlant la langue dans laquelle il lui est naturel de s’exprimer.
Sur l’écran de droite, la petite fille et la grand-mère sont face à face : la communication verbale s’est perdue dans un échange silencieux et gêné de sourires et de regards. L’une et l’autre prononcent respectivement quelques mots en anglais ou en arabe, mais sans se comprendre. Elles regardent toute les deux en direction de la caméra, à la recherche d’un interprète.
Le rôle des langues dans l’œuvre
La signification de l’œuvre ne repose pas seulement sur les mots eux-mêmes et le contenu du discours mais davantage sur les modes de communications. A travers l’usage des langues, ce travail donne à voir la pluralité des identités qui constituent un individu. La, ou les, langues parlées et/ou comprises renvoie(nt) à la biographie de l’individu, à ses migrations ou à celles de ses parents.
Zineb Sedira a évolué entre la langue de sa famille, celle de l’école (en France), puis celle de sa vie en Grande Bretagne. Si le triple langage de l’artiste témoigne de la diversité et de la richesse de son identité, les migrations ont aussi créées des différences culturelles qui rompent le discours entre la grand-mère et la petite fille.
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