Clémentine Tholas, chercheuse en résidence 2026
Lauréate de la résidence de recherche du Palais de la Porte Dorée jusqu'en juin 2026, l'enseignante-chercheuse Clémentine Tholas a pour projet d'analyser la manière dont les musées mobilisent l’art contemporain pour construire, contester ou rééquilibrer les récits mémoriels liés aux minorités et aux héritages postcoloniaux. Interview.
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Clémentine Tholas, chercheuse en résidence 2026
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@ Palais de la Porte Dorée
Quel projet de recherche allez-vous mener sur le temps de votre résidence ?
Clémentine Tholas : Je mènerai une recherche comparée France–États-Unis sur la manière dont les musées mobilisent l’art contemporain pour construire, contester ou rééquilibrer les récits mémoriels liés aux minorités et aux héritages postcoloniaux. À partir des collections et des expositions du Musée national de l'histoire de l'immigration, j’analyserai le rôle des œuvres et du monument comme outils historiographiques, vecteurs de mémoire et leviers de réflexion civique, dans une démarche de recherche-action associant des étudiantes et étudiants de master et de doctorat ainsi que des professionnels états-uniens.
Pourquoi avoir choisi le Musée national de l’histoire de l’immigration ?
C.T : J’ai choisi le MNHI parce qu’il articule de manière particulièrement cohérente histoire, société et art contemporain autour des enjeux de construction d’une histoire commune, dans une perspective critique attentive aux héritages coloniaux et postcoloniaux. Son positionnement muséologique, sa politique d’acquisition et son inscription dans des réseaux de musées engagés en font un terrain privilégié pour une analyse comparée avec les États-Unis, où les institutions culturelles sont aujourd’hui confrontées à de fortes pressions politiques remettant en cause les politiques de diversité et d’inclusion.
Souhaitez-vous développer des actions en coopération avec les équipes du Palais de la Porte Dorée ?
C.T : Cette résidence a vocation à s’inscrire dans une collaboration étroite avec les équipes du Palais de la Porte Dorée, afin de co-construire des ateliers de recherche pour de jeunes chercheur·e·s, d’organiser des échanges avec des universitaires et des professionnel·le·s américains autour des collections et des pratiques inclusives, d’inviter des artistes américains à découvrir le Palais, et de proposer un webinaire franco-américain consacré aux monuments controversés. Je souhaite également associer les équipes du Palais à des rencontres avec des artistes contemporains américains et français que j’organise à la Sorbonne Nouvelle.