Asiatiques, la communauté invisible ?

Grace Ly et Mike Nguyen : deux personnalités médiatiques livrent leur réflexion


Par
Lucile Humbert-Wozniak Documentaliste responsable du pôle audiovisuel au MNHI
Rubrique
Au musée : images

Née en 1979 à Grenoble, Grace Ly est une activiste féministe, figure désormais incontournable de l’asiomilitantisme. En 2012, alors qu’elle est agacée d’entendre des horreurs sur la nourriture chinoise, elle crée son blog food, La petite banane, au titre ironique lié à sa double identité franco-chinoise, « jaune dehors mais blanche dedans », en 2012. Avec le climat de crispations identitaires, son blog devient de plus en plus politique. Elle crée également Ça reste entre nous, websérie documentaire qui donne la parole aux Asiatiques en France. Des hommes et des femmes asiatiques de milieux et professions différents contribuent à chaque épisode et échangent, autour d’une table, à propos d’un thème particulier. Réalisatrice, blogueuse, journaliste, elle vient récemment d’ajouter une nouvelle corde à son arc en publiant un premier roman au titre auto-provocateur, Jeune fille modèle, aux éditions Fayard. Aujourd’hui, avec le développement d’une sphère essentiellement culturelle impliquée dans la lutte contre le racisme anti-asiatique portée, par exemple, par le jeune Collectif asiatique décolonial et le magazine Koï fondé par Julie Hamaïde, Grace Ly a accepté de répondre à aux questions de la revue Hommes & Migrations.

Artiste protéiforme, inclassable, comédien, rappeur, photographe. De mère française et de père vietnamien qui ont fui le chaos d’après-guerre et s’exilent en France, Mike Nguyen passe son enfance dans le Val-de-Marne où il est MC sur la scène hip-hop et réalisateur de clips. Attiré par la comédie, il étudie l’art dramatique. Après avoir débuté sa carrière à la télévision, il participe à des courts-métrages de cinéma d’auteur et investit le théâtre. On l’a d’ailleurs vu cet été au Festival d’Avignon dans la pièce Certaines n’avaient jamais vu la mer, adaptée du roman de Julie Otsuka, qui fait parler des oubliées de l’histoire : les migrantes japonaises aux États-Unis. Sa passion pour l’image le mène également à la photographie. Il partage sa vie entre Paris et Marseille.

Article issu de

Religion et discrimination

Portfolio : Persona grata au Mac Val

N°1324 janvier-mars 2019