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« En règle générale, la régularisation des immigrants illégaux n’est pas rapide aux Pays-Bas »

Entretien scientifique avec Jos Hemelaar, avocat, cabinet Ad Astra (Leyden, Pays-Bas).


Par
Marie Poinsot Rédactrice en chef de la revue
Rubrique
Article de dossier/point sur

Hommes & Migrations : Les Pays-Bas ont la réputation d’avoir une politique d’admission des demandeurs d’asile stricte mais juste. Cette politique semble être alignée sur celle pratiquée par l’Allemagne. Quelles sont les chances de succès dans l’obtention d’un droit d’asile ?

Jos Hemelaar : Environ 24 000 demandes d’asile ont été déposées en 2018 aux Pays-Bas (sans compter les regroupements familiaux). Selon le ministère de la Justice, seuls 20 % des cas présentés ont abouti à une approbation des demandes. Cependant, après les procédures dans les tribunaux, 10 % supplémentaires ont obtenu un permis de séjour. Peut-être davantage de demandeurs d’asile ont-ils obtenu un permis de séjour que l’on peut qualifier de migrations régulières (regroupement familial, séjour pour étude etc.), au-delà de la protection internationale. La distinction entre les deux est strictement respectée, même si elle devient de plus en plus difficile. Il y a en effet presque quatre fois plus de migrants réguliers que de demandeurs d’asile. Par exemple, le nombre de demandes liées au regroupement familial est plus de deux fois supérieur au nombre de demandes d’asile. En outre, il existe des demandes pour des raisons de travail, d’étude ou humanitaires (maladie, résidence de longue durée, impossibilité de retour, etc.).

Article issu de

Les réfugiés dans l'impasse

Refuge, portfolio de Bruno Fert

N°1328 janvier-mars 2020


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