Rachid Taha, la voix des "Beurs"


Par
Naïma Yahi Historienne, chercheure associée, Urmis, université de Nice-Sophia Antipolis
Rubrique
Article de dossier/point sur

Rachid Taha nous a quittés dans la nuit du 11 septembre 2018. Il était considéré comme l’un des plus grands rockeurs franco-algériens de sa génération. Ce qui semblait alors une contradiction identitaire pour les uns ne l’était pas pour Rachid Taha qui fredonnait : " Français tous les jours, Algérien toujours."

Quand il se met à chanter du rock arabe dans les quartiers à la fin des années 1970 au sein de son groupe Carte de séjour, il devient la voix de la génération " beur ", celle ni tout à fait française, ni tout à fait immigrée. En effet, à cette époque, personne ne considère les enfants de l’immigration maghrébine comme français, y compris eux-mêmes. Ce " cri " en provenance de la banlieue lyonnaise, ce " Rock beur " est né d’un mélange de mobilisations contre les crimes racistes et sécuritaires et de l’engouement pour la musique d’outre-manche.

Article issu de

Paris-Londres

L'art de la constestation

N°1325 avril-juin 2019