Juliana Lopoukhine, chercheuse en résidence 2026

Maîtresse de conférences en littérature et civilisation anglophone à Sorbonne Université, Juliana Lopoukhine est l'une des deux lauréates 2026 de la résidence de recherche du Palais de la Porte Dorée. De janvier à décembre, elle mènera un projet de recherche autour de la notion d'apatride dans la littérature, qu'elle a accepté de nous détailler dans une courte interview. 

Quel projet de recherche allez-vous mener sur le temps de votre résidence ?

Juliana Lopoukhine : Il s’agit d’un projet de recherche en littérature consacré à la notion d’apatride, envisagée à la fois dans ses dimensions administratives et dans ses prolongements imaginaires, comme point d’entrée vers une réflexion plus large sur les appartenances nationales. Ce projet propose de mettre en regard les entretiens et documents conservés dans le fonds “Témoignage et société” du Musée avec un corpus littéraire anglophone et francophone qui, depuis le début du XXe siècle, interroge les formes de l’appartenance et de la non-appartenance. 
Il s’agit ainsi de valoriser les collections du Musée tout en faisant dialoguer histoires individuelles et écriture littéraire pour mettre en lumière les différentes formes de récit qui cherchent à rendre compte de l’expérience de l’apatridie. 

Pourquoi avoir choisi le Musée national de l’histoire de l’immigration ?

J.L : En tant qu’institution entièrement dédiée à mes objets de recherche, le Musée national de l’histoire de l’immigration constitue un cadre privilégié pour une réflexion sur les enjeux migratoires en littérature. Dès les premiers jours passés entre ses murs, j’ai pu mesurer à quel point ce lieu est à la fois une source d’inspiration et un espace d’engagement, me permettant de contribuer activement au travail d’un musée impliqué dans les débats contemporains. 

Le Musée propose une programmation littéraire très riche : les Prix littéraire et BD de la Porte Dorée, les rencontres littéraires font vivre un corpus ultra contemporain portant sur les sujets migratoires. Tout cela en fait un véritable laboratoire d’idées pour penser la migration avec la littérature. 

En tant qu’angliciste travaillant et enseignant dans une université française, il me semble également très stimulant de pouvoir mettre en relation les histoires coloniales et migratoires de deux pays voisins à travers leurs littératures. 

Enfin, il y a également une raison plus personnelle à ce choix : une page de la rubrique « Portraits : des histoires singulières » sur le site du Musée est consacrée au récit de mon grand-père, Michel Lopoukhine, retraçant son parcours de migration avec sa famille au début du XXᵉ siècle. Cela donne naturellement un sens tout particulier à cette année de résidence de recherche au Musée.

Souhaitez-vous développer des actions en coopération avec les équipes du Palais de la Porte Dorée ?

J.L : En premier lieu, je souhaite m’investir dans les différents projets littéraires portés par Gladys Marivat et la Direction de la Vie des Arts et des Idées. J’ai d’ores et déjà rejoint le comité de lecture chargé de la sélection du Prix littéraire annuel, et je souhaite également mettre mon énergie au service de la programmation littéraire du Musée. 

Je désire par ailleurs contribuer à la revue Mondes & Migrations, dirigée par Marie Poinsot avec qui j’ai déjà échangé autour de plusieurs pistes de publication. Je serais heureuse de pouvoir ainsi renforcer la présence de la littérature, y compris anglophone, dans les prochains numéros de la revue. 

Enfin, j’aimerais collaborer avec les équipes chargées de la médiation et des ressources pédagogiques, ainsi qu’avec les professeurs-relais, afin de proposer la conception d’outils pédagogiques en littérature à destination des enseignants de français ou d’anglais du secondaire. 
Et je reste bien sûr ouverte à d’autres formes de collaboration qui émergeront au fil de cette année de résidence.