Article de dossier/point sur
La réversibilité comme privilège : redéfinir l’appartenance en Corée du Sud
Maîtresse de conférences HDR, Inalco-IFRAE
Étudiants d’Asie du Sud-Est et Américains d’origine coréenne
Les politiques migratoires en Corée du Sud sont façonnées non seulement par l’État, mais aussi par les migrants eux-mêmes. Confrontées à un régime d’appartenance ethno-nationaliste où l’accès à la citoyenneté dépend largement de l’ascendance coréenne et de la proximité culturelle, les mobilisations de travailleurs migrants ont conduit à redéfinir le statut des diasporas. À l’opposé, en tâchant de s’affranchir de la notion d’appartenance, des profils qualifiés originaires d’Asie du Sud-Est ou des États-Unis affirment leur privilège migratoire, c’est-à-dire le primat accordé à une mobilité qui se dégage de toute injonction à l’intégration.