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Un « sale boulot » qui se paie cher

Journaliste

Les politiques migratoires de l’Union européenne (UE) dites d’« externalisation » consistent à déplacer frontières, camps et gendarmes vers des pays tiers et lointains. Très concrètement, cela signifie que les frontières de l’Europe commencent en Mauritanie, en Tunisie, en Libye, au Maroc, en Algérie même ou ailleurs. Comme il faut surveiller ces frontières, ouvrir des centres de rétention, procéder à des interceptions en mer, etc., il faut militariser, surveiller et punir le migrant ou la migrante d’abord, les associations qui leur viennent en aide et peut-être la société tout entière, à tout le moins une partie de la société civile. L’externalisation des politiques migratoires favoriserait-elle le maintien de régimes autoritaires au Sud ? Qu’en est-il aussi des interactions entre cette approche sécuritaire et obsidionale des migrations et la montée d’un racisme endémique, sui generis dans ces sociétés du Sud, de l’Afrique du Nord, en particulier un racisme anti-Noir ?

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