Les enfants de l’eau de Laura Henno


Par
Isabelle Renard cheffe du service des collections et des expositions en charge des collections contemporaines, Musée national de l’histoire de l’immigration
Rubrique
Au musée : entretien

Lauréate du Prix découverte des Rencontres internationales de la photographie d’Arles en 2007, Laura Henno ne cesse de poser son regard sur ces vies invisibles, blessées, échouées. Des existences à la marge de mineurs isolés, d’adolescents fragiles ou encore de jeunes migrants clandestins. Par un jeu de mise en tension et de mise à distance du réel mais aussi à travers l’utilisation du clair-obscur et du hors-champ, Laura Henno compose des images à la lisière du documentaire et de la fiction. Entre sourde inquiétude, trouble et beauté plastique. Les maîtres de la peinture et du cinéma ne sont jamais loin dans les premières oeuvres de Laura Henno. Il y a certainement quelque chose des écoles du Nord ou encore des cinéastes italiens dans ses photographies mises en scène. Et si ses travaux récents se rapprochent de l’esthétique documentaire, ils n’oublient pas non plus leur part d’humanité.
Son travail, présent dans différentes collections publiques et privées françaises, fait l’objet de nombreuses expositions personnelles et collectives, en France et à l’étranger. En 2018, elle expose sa série Outremonde (réalisée aux États-Unis) aux Rencontres de la photographie d’Arles. En 2017, l’exposition M’Tsamboro est mise à l’honneur au BBB Centre d’art de Toulouse. En 2013, c’est au Centre régional de la photographie Nord Pas-de-Calais à Douchyles-Mines et au Musée des beaux-arts de Dunkerque qu’elle montre son travail avec l’exposition Missing Stories. En 2009, elle expose au Finnish Museum of Photography à Helsinki (Finlande). Laura Henno a également participé à de nombreuses expositions collectives telles que Persona grata (Musée national de l’histoire de l’immigration et Mac Val, 2018) ; Paysage français : une aventure photographique (1984-2017) à la BNF François Mitterrand en 2017 ; Biennale de Sharjah (Beyrouth, 2017).
Son film Koropa est couronné par diverses récompenses, dont le Prix Égalité diversité 2017 du Festival du court-métrage de Clermont-Ferrand et le Grand Prix du court-métrage 2016 aux Entrevues de Belfort. Lauréate du Prix Sam pour l’art contemporain en 2019, Laura Henno s’apprête à finir sa trilogie comorienne sur la migration clandestine dont elle présentera un ensemble à l’occasion d’une monographie prévue au Palais de Tokyo, en 2022.

Article issu de

L'enfance en exil

Dossier : jeunes en exil

N°1333 avril-juin 2021