Les contes de Laure Urgin - année scolaire 2024/2025
Trois classes de grande section de maternelle ont visité le Palais de la Porte Dorée en compagnie de la conteuse Laure Urgin. Les enfants y ont découvert le bâtiment et le parcours permanent à travers un conte spécialement adapté à leur âge, mêlant observation, imagination et premières notions d’histoire.
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© D.R.
Une approche sensible et créative de l'immigration
Les contes de Laure Urgin avec les 3 classes de grande section de l’école maternelle Château Rentier à Paris 13
Le projet pédagogique associé à cette visite proposait d’explorer le thème de l’immigration et de « ceux qui viennent d’ailleurs » grâce à une approche sensible, interculturelle et créative fondée sur les contes et les collections du musée. Organisé en cinq séances, il invitait les élèves à comprendre et ressentir les multiples dimensions du déplacement humain en mobilisant le patrimoine, les arts, la parole et leurs propres expériences.
La première séance était dédiée au bâtiment lui-même. Lors d’une visite contée, les enfants suivaient l’histoire du Palais depuis l’Exposition coloniale de 1931 jusqu’à ses usages contemporains. En observant la façade, le hall et les fresques, ils recherchaient des détails sculptés ou peints et les reliaient aux récits entendus. Un parcours conté et plusieurs histoires de sagesse venues de divers continents permettaient d’aborder des thèmes universels comme la liberté, la colère ou l’amitié.
La deuxième séance traitait du voyage : pourquoi quitte-t-on son pays ? Que choisit-on d’emporter avec soi ? À partir d’objets issus des collections, sélectionnés avec les enseignantes, les élèves découvraient comment un objet pouvait devenir mémoire, outil ou symbole. En atelier, des contes sur le thème du voyage nourrissaient la réflexion, avant que chaque enfant ne choisisse l’objet qu’il emporterait s’il devait partir.
La troisième séance portait sur la langue et les mots venus d’ailleurs. Un abécédaire illustré et des œuvres du musée montraient aux élèves que le français s’était construit grâce à de nombreux apports étrangers. Des lectures d’albums jeunesse traitant de la langue ou de l’exclusion ouvraient la discussion. Un atelier collectif conduisait ensuite à la création d’une grande carte d’identité imaginaire réalisée avec des tampons et des mots choisis ou inventés.
La quatrième séance explorait les migrations musicales. Dans le studio de musique du parcours permanent, les enfants écoutaient des musiques de l’exil et découvraient comment les sons voyageaient, se transformaient et se rencontraient d’un pays à l’autre.
Enfin, la cinquième séance abordait la cuisine et les épices du monde. Après la découverte des œuvres et dioramas liés à l’alimentation, le conte « Peau de bonbon » introduisait un atelier sensoriel durant lequel les élèves observaient, sentaient et nommaient des aliments venus d’ailleurs mais présents dans leur quotidien.
Ce projet visait à ouvrir les jeunes esprits à la richesse de la diversité culturelle et à la réalité de l'immigration, en utilisant des méthodes adaptées à leur âge et à leur capacité de compréhension : le conte, la musique, la danse et la cuisine.