Racisme et héritage colonial

Depuis les années 1990, l’étude de l’histoire de la colonisation française a révélé et analysé la rémanence de l’imaginaire colonial dans les discours racistes. L’arrivée de migrations originaires de l’ancien empire colonial français, au tournant des années 1960, a cristallisé la représentation d’un autre différent, inégal, dominé. De l’« indigène » au « musulman », du « colonisé » au « Français issu de l’immigration », le lexique colonial contribue à multiplier les sujets de stigmatisation. 

Allonzenfans, Diptyque #1 - photographies de Samuel Fosso

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Allonzenfans, Diptyque #1. Collection du Musée national de l'histoire de l'immigration, inv. 2018.6.1.1

Credit

© Samuel Fosso, photo Philippe LEBRUMAN

Le racisme anti maghrébin et les séquelles de la guerre d’Algérie

Couverture de la revue Hommes et Migrations n°1184

Yvan Gastaut, Hommes & Migrations n° 1174, 1994, pp. 35-42.

La Guerre d’Algérie ne cesse pas d’en finir comme le prouvent, de la fin des hostilités à l’assassinat de Jacques Roseau, les déclarations, tracts, attentats racistes d’activistes nostalgiques de l’Algérie française et proches de l’extrême droite. Cette mémoire négative du conflit permet de comprendre comment on est passé, dans l’inconscient collectif d’une partie de la population française, d’un racisme colonial à un racisme anti-maghrébin.

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De l'indigène à l'immigré, images, messages et réalités

Couverture de la revue Hommes et Migrations n°1207

Nicolas Bancel, Pascal Blanchard, Hommes & Migrations n° 1207, 1997, pp. 6-30.

L’histoire de l’élaboration d’un imaginaire colonial en France (de la fin du XIXe siècle aux années soixante) permet de lire différemment les discours actuels de stigmatisation des immigrés originaires d’Afrique noire et du Maghreb. L’appréhension des phénomènes d’immigration et des populations immigrées semble en effet profondément liée à ce passé qui a imprégné pendant près d’un siècle la culture occidentale sans qu’une véritable interrogation critique ait été menée depuis les décolonisations.

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L’état de veille de l’imaginaire colonial

Couverture de la revue Hommes et Migrations n°1207

Gilles Manceron, Hommes & Migrations, n°1207, 1997, pp 30-33.

Dans cet entretien, l’historien Gilles Manceron met au jour les filiations entre le passé colonial et l’imaginaire relatif à l’immigration. Durant les deux décennies qui ont suivi les indépendances, le langage utilisé pour désigner les pays anciennement colonisés et leurs ressortissants semble avoir connu de profondes mutations, avec l’emploi du vocabulaire du développement. Cependant, loin d’avoir disparu, l’imaginaire colonial a continué de se diffuser en sourdine, fondant le regain de racisme en France au début des années 1980.

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Immigration, colonisation et racisme : pour une histoire liée

Couverture de la revue Hommes & Migrations n°1228

Claude Liauzu, Hommes & Migrations n° 1228, 2000, pp 5-15.

Si l’histoire de l’immigration en France a globalement pris son envol, l’étude des migrations africaines et nord-africaines est un domaine encore en friche, longtemps négligé de part et d’autre de la Méditerranée. C’est une conséquence de la gestion coloniale française et de la vision racisante qui lui est liée : les rapports avec ceux qui furent des « colonisés », particulièrement avec les musulmans, en ont été durablement marqués. Des contentieux historiques sont mal gérés des deux côtés. Enfin l’image du « travailleur immigré postcolonial » n’a pas trouvé sa place au sein de la culture ouvrière du fait de la crise économique des années soixante-dix.

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Racisme colonial, réaction identitaire et égalité citoyenne les leçons des expériences migratoires antillaises et guyanaises

Couverture de la revue Hommes & Migrations n°1237

Michel Giraud, Hommes & Migrations n° 1237, 2002, pp. 40-53.

Les Antillais et Guyanais résidant en métropole vivent d’autant plus douloureusement les discriminations qu’ils subissent. Mais ce racisme apparent, présumé fondé sur la couleur, ne serait que l’artefact d’une ségrégation qui découle plutôt de la mémoire coloniale et de leur paupérisation. Ainsi, dans ces mêmes départements d’outre-mer les migrants venus d’autres îles plus pauvres de la Caraïbe doivent faire face à une forte discrimination dont l’auteur dénoue les racines en s’interrogeant sur le prix à payer pour qu’une société parvienne à harmoniser cultures et identités particulières.

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Exposer le racisme antimusulman

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Hommes & Migrations, n° 1334, « Exposer le racisme et l’antisémitisme », 2021

Credit

©EPPPD-MNHI

Karima Direche-Slimani, Faisal Hussain, Naïma Huber-Yahi, Hommes & Migrations n° 1334, 2021, pp. 103-107.

Catégorie historiquement construite dans le contexte de la conquête coloniale de l’Algérie et de l’instauration progressive du droit colonial, le mot «  musulman » charrie des impensés sociohistoriques qui se trouvent, dans la société française contemporaine, au cœur du processus d’ethnicisation, de racisation et de confessionnalisation des populations identifiées comme musulmanes. Mobilisant les apports de Marie-Claire Willems consacrée à la socio-sémantique historique et aux enjeux contemporains des usages du terme musulman, l’article rappelle que le mot « musulman » renvoie autant à une origine, à des traits biologiques qu’à la pratique de l’islam. 

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