Document vidéo
Il a fait grave chaud
Valérie Mréjen, Il a fait grave chaud, 2023, vidéo HD, 12'30 min, édition 1/3 + 2 EA, Musée national de l'histoire de l'immigration, 2024.8.1, production : EPPPD-Musée national de l'histoire de l'immigration avec le soutien de la ville de Sarcelles
© Adagp, Paris, 20XX
Une œuvre documentaire sur la jeunesse de Sarcelles
Située en Seine-Saint-Denis, au nord de Paris, Sarcelles est l’une des villes les plus cosmopolites de France, rassemblant des habitants de plus de quatre-vingts origines différentes. Dans Il a fait grave chaud, l’artiste Valérie Mréjen interroge des élèves de deux collèges de la ville sur leur héritage culturel, leurs projets d’avenir ou encore ce qui les met en colère. Les témoignages recueillis évoquent, à hauteur d'adolescents, la singularité de chaque parcours, la grande diversité de leurs aspirations mais aussi l’expérience du racisme et les tensions liées au sentiment d’appartenance et à l'identité.
Une relation de confiance avec les adolescents filmés
Empathique sans être fusionnelle, attentive mais sans indiscrétion, l’artiste Valérie Mréjen établit dans Il a fait grave chaud une relation de forte proximité et de confiance avec ses sujets, qui favorise une parole juste et intime. Elle filme ici des élèves d’un collège de Sarcelles, en réponse a une commande du musée national de l’Histoire de l’immigration pour clore son parcours permanent. Ces portraits, multiples, à l’Age des interrogations ou l’on quitte le cocon de l’enfance, montrent des adolescentes et des adolescents à la fois réfléchis et directs, spontanés et touchants, parfois en révolte. L’apparente banalité de l’image, des questions, génère un sentiment de familiarité et de proximité. Ce qui est dit, et plus encore les silences, semble sans artifice, simple et exprime pourtant les aberrations de ce monde. Valérie Mréjen filme à la manière d’une documentariste, mais au-delà des informations collectées, elle recherche la profondeur humaine.
Sarcelles, une « ville-monde »
Singulière, la ville de Sarcelles l’est aujourd’hui par la diversité des populations qu’elle accueille, depuis plus de soixante ans, au gré des migrations successives. Peu de communes en France réunissent sur un territoire de quelques kilomètres carres une telle richesse culturelle, linguistique, religieuse, historique. Sarcelles est en elle-même une ville-monde : ses habitants sont juifs (principalement séfarades), musulmans d’Afrique subsaharienne, du Maghreb ou des Comores, tamouls, assyro-chaldéens, ultramarins, arméniens…
Forte de plus de quatre-vingts origines principalement en provenance des anciennes colonies, Sarcelles, une des villes les plus pauvres de France, initie de multiples actions culturelles et pédagogiques pour renforcer le lien social. Elle se caractérise aussi par sa population très jeune : 40 % des administrés ont moins de 25 ans, ils sont en grande majorité nés sur place, au carrefour de deux cultures – celle du pays de leurs parents, ou ils n’ont pas nécessairement vécu, et celle de la France. Dans cette œuvre, face camera, des adolescents répondent a des questions tantôt très générales tantôt intimes sur leur entourage ou leur héritage culturel : comment vivent-ils les traditions transmises au sein de leur famille ? Lors de quelles fêtes ? Par le biais de quels engagements ? Que savent-ils du parcours de leur famille, des raisons et des circonstances qui ont poussé leurs ascendants à quitter leur pays ? Comment envisagent-ils leur avenir dans un monde de plus en plus complexe ? Valérie Mréjen nous ouvre aux attentes de cette jeune génération, aux origines plurielles.
L’œuvre a été réalisée à la suite d’une commande du Musée national de l’histoire de l’immigration, grâce à un financement apporté par la ville de Sarcelles. Cette commande a été faite suite à une autre Quatrième Sarcelles, pour l’exposition « Juifs et musulmans ».