Affiche

Affiche Africa Fête

Gilles de Staal, dit Harpo
Affiche pour le concert de Djamel Allam au TEP, métro Gambetta, dans le cadre du festival Africa fête

Harpo, Affiche Africa fête, 1978, Paris, impression offset en couleurs, 79 x 120 cm, Collection du Musée national de l'immigration, 2022.3.2.

Cette affiche produite à l'occasion du célèbre festival Africa Fête annonce un concert de l'artiste algérien Djamel Allam. L'événement organisé par l'Association pour l'aide au retour créateur des travailleurs africains (AARCTA), en novembre 1978, se déroule au théâtre de l'Est parisien (TEP) dans le 20e arrondissement de Paris.

Mamadou Konté

Réalisée par le journaliste et graphiste de formation Gilles de Staal, compagnon de lutte du fondateur d'Africa Fête, Mamadou Konté, l'affiche est signée sous son pseudonyme (Harpo). 

Arrivé en France en 1965 en tant que simple ouvrier, Mamadou Konté devient un militant actif de la cause immigrée au cours des années 1970, dans le cadre des grèves des foyers. En 1977, en réaction au lancement du dispositif d'aide au retour des immigrés, il crée l'AARCTA pour mieux accompagner ceux qui rentrent au pays en soutenant localement des projets culturels et de jeunes artistes africains de part et d'autre de la Méditerranée.

Informations

Collection
Histoire
Type d’expot
Affiche
Année de creation
1978
Inventaire
2022.3.2
Matériaux

Papier imprimé (technique papier/carton-pâte)
Papier offset en couleurs

Dimensions

H. 79 cm, l. 120 cm

Le parcours de Djamel Allam

À l'image d'autres musiciens tels que François Béranger, Claude Nougaro ou Pierre Akendengué, Djamel Allam soutient Africa Fête qui porte un combat aussi bien politique que culturel en faveur des travailleurs immigrés et des artistes africains. 

Cet artiste touche-à-tout, formé au conservatoire de musique de Béjaïa, s'installe en France à la fin des années 1960. Il débute alors sa carrière en interprétant des titres célèbres de la chanson française dans de petites salles de spectacles. Il poursuit en éditant des albums en langue berbère, associant un répertoire traditionnel kabyle à des sonorités folk et rock. Comme d'autres artistes ; il n'échappe toutefois pas à la catégorisation de sa musique dans la « world music », terme très en vogue dans les années 1980 pour désigner la nouvelle génération de musiciens extra-européens, notamment africains, qui n'hésitent pas à s'émanciper des frontières musicales, tout en revendiquant leurs héritages culturels.

Sa carrière prolifique l'amènera également sur les plateaux de cinéma, en tant qu'acteur auprès de réalisateurs algériens de la période post-indépendance, tels qu'Okkacha Touita ou Mahmoud Zemmouri. Il composera également les musiques de quelques films, dont Prends 10 000 balles et casse-toi. À l'image de son ami, le chanteur Idir, Djamel Allam a fait parti d'une génération de jeunes chanteurs du Maghreb qui ont eu l'ambition d'élargir leur auditoire et de faire découvrir au public français, au tournant des années 1970-1980, la modernité de leurs musiques.

Hédia Yelles-Chaouche, attachée de conservation au Musée national de l'histoire de l'immigration.

Texte issu du portfolio d'œuvres « Artistes maghrébins en création », revue Mondes & Migrations, « Héritages maghrébins », n°1355 octobre-décembre 2026.