De bouche à oreille

Entretien avec Sylvaine Cohen et Rachel Guez.


Par
Marie Poinsot Rédactrice en chef de la revue
Rubrique
Champs libres : initiatives

Entretien avec Sylvaine Cohen, chargée de mission mémoire et lien social, et Rachel Guez, directrice du pôle Sesam (Services pour une solidarité augmentée) de la Fondation Casip-Cojasor sur le programme De bouche à oreille, réalisé par Laure Politis, directrice du Cepro (Centre d’études et de perspective).

Le programme De bouche à oreille, dédié à la transmission de la Shoah, est mené chaque année par la Fondation Casip-Cojasor[1] en partenariat avec des établissements scolaires (collèges et lycées). Sylvaine Cohen et Rachel Guez reviennent sur ces rencontres entre des aînés et des jeunes qui permettent une véritable appropriation de l’histoire.

Hommes & Migrations : Pouvez-vous nous dire en quoi consiste le programme De bouche à oreille ?

Sylvaine Cohen : C’est un programme pédagogique de recueil de témoignages qui a pour premier objectif la transmission des mémoires des personnes qui ont vécu la Shoah. Les témoins ne sont pas seulement les gens venus d’Europe de l’Est, mais aussi ceux d’Afrique du Nord, d’Italie, de Grèce. Le deuxième objectif du Bouche à oreille est de créer du lien social entre générations. C’est un programme qui se fait en partenariat avec des collèges et des lycées. Il est destiné aux classes de troisième et de première, notamment du fait que la Seconde Guerre mondiale est au programme d’histoire et que l’autobiographie et le récit sous forme d’entretien sont au programme de français.

Rachel Guez : La particularité de De bouche à oreille par rapport à d’autres programmes de témoignage de survivants de la Shoah, c’est que le témoin va confier son histoire à un groupe de trois élèves. Ils vont se voir à trois reprises pendant deux heures. Les jeunes vont avoir le temps de rentrer dans l’intimité de l’histoire du survivant et celle de sa famille, une histoire intime. Il ne s’agit pas d’une présentation académique. Là, il y a vraiment des échanges, des questions, les élèves peuvent entrer dans les détails.

Sylvaine Cohen : Au fur et à mesure des entretiens, les questions permettent d’approfondir le récit qui couvre trois périodes : avant la guerre, pendant la guerre et après la guerre.

 

[1] La Fondation Casip-Cojasor est une institution reconnue d’utilité publique, dont les origines remontent au début du XIXe siècle. Elle est spécialisée dans l’action sociale et médico-sociale auprès de la population juive, essentiellement en Île-de-France. Elle poursuit depuis 2000 l’œuvre des deux associations fondatrices établies de longue date, le Casip (Comité d’action sociale israélite de Paris), fondé en 1809 sous le nom de Comité de bienfaisance israélite de Paris, et le Cojasor (Comité juif d’action sociale et de reconstruction), créé en 1945. Le prochain livre de De bouche à oreille sera publié aux éditions Le Manuscrit dans la nouvelle collection « Regards sur l’exil ».

Article issu de

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N°1329 avril-juin 2020