L’atlas sonore. Capturer l’oralité en mouvement


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Champs libres : initiatives

Artiste et musicien, Simon Guy a participé, avec l’Agence des musiques des Territoires d’Auvergne (Amta), à la réalisation d’un atlas sonore d’un quartier de Clermont-Ferrand, élaboré dans le cadre d’un projet plus large de la ville intitulé « Migration », traitant de ces nombreuses migrations qui ont constitué la capitale auvergnate.

Le quartier Saint-Jacques est un quartier populaire de Clermont-Ferrand, regroupement d’immeubles et de cultures, dans lequel je me suis immergé pendant plusieurs mois. À partir de témoignages, de rencontres avec des habitants du quartier, nous composons un travail de collecte de la mémoire de ce quartier, une photographie sonore d’un instant de vie. Loin d’un travail ethnographique ou anthropologique, c’est en tant qu’artistes que nous élaborons notre propos, assumant tout autant le champ et le hors-champ qu’impose l’idée de photographie sonore.

Notre travail est de collecter l’immatérialité de ce quartier : la mémoire, les savoir-faire, les impressions, les parcours, etc. – établir la musique d’un paysage. Je dirais presque capturer l’indomptable, traiter de l’itinérance et du mouvement dans un monde de plus en plus tourné vers la recherche et la demande de résultats. L’idée d’arts « apatrides » est au cœur de notre travail. Nous proposons un regard sur un quartier, élément géographique délimitable simplement, et en tirons toute son insubordination brute aux règlements de l’art, en bref, sa complexité culturelle et artistique.

Article issu de

Migrations et création littéraire

Portfolio : l'immigration à travers la bande dessinée

N°1329 avril-juin 2020