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« L’écriture, c’est un refuge et un délit »

Entretien avec Mehdi Charef, 11e lauréat du Prix littéraire de la Porte Dorée pour son roman Rue des Pâquerettes (éd. Hors d’atteinte, 2018)


Par
Marie Poinsot Rédactrice en chef de la revue
Rubrique
Au musée : littérature

H&M : Personnellement, quel sentiment vous inspire le fait d’être le onzième lauréat du prix littéraire de la Porte Dorée et d’obtenir cette reconnaissance du Musée national de l’histoire de l’immigration ?

Mehdi Charef : Je n’en reviens toujours pas. C’est tellement symbolique pour moi de recevoir ce prix. J’ai été dans le jury du Prix littéraire de la Porte Dorée pour sa première édition qui a récompensé la si talentueuse Alice Zeniter, et cela m’avait déjà permis de prendre conscience du sérieux de la sélection, de la façon dont les jurés avaient lu les romans en lice. J’étais fier de participer à une initiative littéraire aussi importante. Je ne reçois pas ce prix littéraire comme venant d’un musée, mais d’une maison où l’exilé passe sans savoir où il va. Il voit la façade de cette maison dont les portes nous sont ouvertes, il se regarde et se retrouve car il sait que cette maison raconte des histoires comme la sienne. C’est un endroit pour une halte lors d’un passage ; comme une étape sur un chemin de pèlerinage qui rassure et rassemble de nombreuses personnes très différentes mais qui ont les mêmes expériences. Récemment, j’ai vu mon nom sur une affiche d’un film que j’ai réalisé dans l’exposition Paris-Londres et je me suis trouvé réinscrit dans une histoire collective. J’aime cette idée que ce Musée soit un palais, on n’a pas souvent l’occasion d’aller dans un palais. 

 

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N°1330 juillet-septembre 2020


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